C.P. Fresnes – Le rapport du CGLPL : indépendance et impartialité ?!…

Le 14 décembre dernier, le Contrôleur Général des Lieux Privatifs de Liberté (CGLPL) publiait son dernier rapport et ses recommandations concernant le CP Fresnes.

La lecture de cette production, dont la presse s’est chargée de faire écho faute de sujet plus croustillant, pose aujourd’hui, pour l’UFAP UNSa Justice, la question légitime de l’indépendance et de l’impartialité de cet organisme ?!…

Après Nouméa, Marseille et Strasbourg, le CP Fresnes a fait l’objet d’un contrôle minutieux et à charge, par les agents du CGLPL entre les 3 et 14 octobre 2016 ; pendant que l’Observatoire International des Prisons (OIP) faisait condamner l’Etat suite à la présence de nuisibles au sein de ce même établissement (décision du Tribunal de Melun).

La situation du CP Fresnes, nous la connaissons TOUS !… Comme aux Baumettes, il s’agit une fois encore d’un détournement de vocabulaire, d’un affichage médiatique, voire d’un positionnement idéologique. Que les lieux privatifs de liberté fassent l’objet d’un contrôle, c’est tout à l’honneur d’une démocratie qui se respecte, mais que ces contrôles soient réalisés par des sous-traitants du lobby anti-enfermement… L’UFAP UNSa Justice dit NON !…

Le constat du CGLPL n’est au final que ce que notre Organisation Syndicale et les Personnels du CP Fresnes dénoncent depuis 20 ans !…

Tout dépend ensuite du positionnement du curseur. Les conditions de détention de la population pénale sont NOS conditions de travail !… Peut-on alors considérer qu’exposer ses Personnels à des risques psychosociaux et les faire exercer leurs missions dans des conditions d’hygiène et de sécurité absolument effroyables constituent un traitement inhumain et dégradant ?!… Pour l’UFAP UNSa Justice non seulement nous le considérons, mais nous le dénonçons !

Avec un peu moins de 3000 détenus, un taux de sur-occupation de 188%, comment ne pas trouver une situation délabrée et des conditions d’hygiène et de sécurité déplorables ?!… Fort logiquement, les offres de soins et d’activités des détenus et non des « usagers contraints du service public pénitentiaire » s’en trouvent impactées. Avec un surveillant pour 120 détenus, comment demander aux Personnels de remplir leurs missions de façon optimale ?!… Même si un sous-effectif chronique existe au CP Fresnes comme ailleurs, l’UFAP UNSa Justice rappelle au CGLPL que les organigrammes ne sont pas revus en fonction du taux d’occupation, sans pour autant que cela dérange le Contrôleur !…

Par ailleurs, il est tout aussi logique qu’une structure se détériore lorsque le nombre de personnes présent est plus élevé que celui qu’elle peut accueillir …. Sous réserves des incivilités et dégradations commises par ces dernières… Qui jettent nourriture et détritus par les fenêtres ?!…

Le climat de tension permanente qui réside au sein du CP Fresnes, comme dans d’autres maisons d’arrêt surpeuplées, n’est que la résultante induite de la dégradation des relations interpersonnelles au sein d’une détention dès lors que les équilibres sont rompus. Ignorer cet état de fait est une méconnaissance profonde de son sujet…

Le rapport du CGLPL ne prend pas non plus en considération la situation spécifique des établissements du ressort de la DISP de Paris.

A aucun moment ne sont évoquées les problématiques suivantes : fermeture de la MA Paris La Santé et ses conséquences, l’explosion des écrous terroristes en lien avec l’islam politique, la gestion des islamistes et l’évolution des profils de la population pénale.

L’UFAP UNSa Justice ne peut accepter les termes d’« usage banalisé de la violence » lorsque le CGLPL fait référence à l’usage de la force strictement nécessaire dont la légitimité revient à l’Etat et à ses Agents dépositaires de l’autorité publique. Ces termes mettent à mal une fois encore, une fois de trop, l’autorité des Personnels déjà précarisée par le laxisme de nos décideurs !

Notre Organisation Syndicale mène une réflexion de fond concernant les régimes de détention et le sens de la peine dans l’objectif de restaurer l’autorité des Personnels, de favoriser l’attrait des métiers pénitentiaires et la fidélisation des Personnels au sein de notre administration de tutelle ainsi que d’augmenter le ratio Personnels de surveillance/population pénale.

L’UFAP UNSa Justice milite depuis de nombreuses années pour la création de structures à taille humaine, adaptées au profil des détenus en fonction de leur dangerosité et/ou de leur volontarisme à sortir de la délinquance.

Ce ne sont ni d’un Livre Blanc ou d’Etats Généraux dont la prison a besoin aujourd’hui. Il est urgent de se pencher sur nos pratiques quotidiennes en tant que professionnel(le)s, de mener une réflexion profonde et de rédiger un Cahier de Doléances, prélude à un débat parlementaire plus large sur le sens de la peine, l’utilité de la prison et le rôle des Personnels pénitentiaires.

Au-delà d’un budget conséquent, les Personnels pénitentiaires ont besoin de soutien et de volonté politiques !…

Paris, le 19 décembre 2016

Pour l’UFAP UNSa Justice

Le Secrétaire Général,

Jean-François FORGET

201216 – CP Fresnes rapport CGLPL

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