DÉCLARATION LIMINAIRE AU CTI DU 21 11 2017

Monsieur le Président du CTI,
Mesdames, Messieurs les membres du CTI,

Tout d’abord l’UFAP/UNSaJustice a une pensée particulière pour les agents victimes d’agressions, qu’ils soient de notre région ou d’ailleurs, il ne se passe pas une journée sans que l’un des nôtres soit meurtri dans sa chair et touché psychologiquement.

Si l’administration n’est pas responsable physiquement de ces actes odieux, elle ne donne pas non plus l’impression fondamentale de vouloir y remédier.

Pourtant l’évolution de notre métier doit être prise en compte, pas seulement sur un bout de papier ou lors d’un séminaire, mais avec un réel engagement afin de réformer nos régimes de détention et de donner une classification aux établissements.

Au lieu de cela il nous est imposé de nouvelles missions sans se soucier des effectifs de nos détentions qui ont peine à joindre les deux bouts.

La mise en place des ELSP ou « EJ VICINALES » sur notre inter-région se fait à marche forcée alors qu’aucun débat de fond sur ce sujet n’a vu le jour au niveau national.

Aucune doctrine d’emploi n’est apportée pour encadrer cette fonction : il serait question de s’appuyer sur celle des PREJ qui pour ainsi dire, n’a quasiment plus aucune valeur puisqu’elle est bafouée constamment afin de répondre à l’intérêt de certains et du judiciaire.

Le dialogue social aurait voulu qu’il y ait au moins « un » groupe de travail sur cette mise en place avant que ce CTI ne se tienne, mais contrairement au bon sens, vous nous proposer un « Shifumi » que vous avez tronqué par le simple fait que tout est déjà calé sur les deux établissements qui sont soi-disant « des sites à titre expérimental ».

Sachez Monsieur le Président que nous ne sommes pas des chambres d’enregistrements et des « oui-oui benêts ». En l’état actuel nous ne pouvons accepter la mise en place des ELSP dans ces conditions. En effet, l’impact à court ou moyen terme que nous redoutons sera inévitablement l’aggravation du manque de ressources humaines déjà chronique sur notre région, ainsi que la mise en danger des agents effectuant ces missions avec une sécurité au rabais.

Et que dire de l’état dans lequel se trouvent les personnels des PREJ de notre DISP, tous les jours ou quasiment, ce sont les règles élémentaires qui sont bafouées et jamais personne n’en est responsable si ce ne sont les gradés de chaque PREJ « qui par délégation involontaire » en essuient les plâtres en lieu et place de leur hiérarchie directe.

Monsieur le Président, il serait temps maintenant de cesser d’être le bon élève auprès des éminences judiciaires et de penser à vos agents qui tournent comme des avions afin de vous garantir un minimum d’IDF.

Les risques psychosociaux sont réels en l’état actuel pour nos collègues des PREJ, prenez-en conscience avant que ne survienne l’irrémédiable.

Sur le plan des effectifs tous corps et grades confondus, l’UFAP/UNSaJustice ne peut qu’affirmer son inquiétude, en effet pour la CAP des premiers surveillants seulement 8 postes offerts pour 32 vacances répertoriées par vos services, pour la CAP des surveillants 36 postes offerts pour 112 vacances répertoriées par vos services.

Le corps de commandement est lui aussi touché par cette pénurie.

Pour les personnels administratifs, les techniques, les SPIP le constat n’est pas plus reluisant, l’impression retenue est que chacun de ces services doit tourner coûte que coûte avec des équipements, des locaux dépassés pour certains et parfois même sous le joug d’un chef de service plus zélé qu’humain.

Ces carences en effectifs ne datent pas d’hier (un peu plus de dix ans) nous n’avons jamais réussi à endiguer ce phénomène pour la bonne et simple raison que notre administration courbe l’échine devant des décisions budgétaires injustes.

Les annonces faites par les gouvernements successifs et plus particulièrement l’avant dernier nous laissait présager de beaux jours avec un recrutement à la hauteur, au final ce ne sera que la hauteur d’un vulgaire marche pied, en bref croire en la parole d’un politique c’est croire à l’existence des licornes.

La souffrance s’est installée ici et là, elle est devenue une réalité, on en parle, on l’entend, on fait des flyers et des affiches pour la bonne conscience, les personnels de tous corps et grades confondus qui en souffrent ne demandent pas l’aumône, ils veulent juste l’aide de ceux qui la leur doivent.

L’UFAP/UNSa Justice ressent l’amertume qui grandit au sein de chacun et en aucun cas ne banalisera jamais de telles situations.

A un moment de notre histoire, il va falloir penser à aller au-delà de nos clivages de grades, de fonctions, d’appartenance syndicale, et cesser de courber l’échine, de subir, de « faire avec ce qu’on nous donne », de relever la tête et de crier haut et fort notre désaccord, notre souffrance, nos peines et de faire connaître nos besoins impératifs.

Les membres élus UFAP/UNSaJustice du CTI DISP Bordeaux.

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