DÉTENUS TERRORISTES, DÉTENUS RADICALISÉS : DES CHIFFRES À LA HAUSSE ET TOUJOURS SI PEU DE VOLONTÉ POLITIQUE !…

Une incarcération terroriste par-ci, un signalement pour « radicalisation » par-là : c’est un véritable mouvement convulsif qui submerge aujourd’hui nos établissements et plus spécifiquement ceux de la région parisienne, présence du parquet antiterroriste oblige !…

A Fleury-Mérogis, ce sont plus de 140 détenus terroristes en détention ordinaire…. A Fresnes, 61… Rien que sur ces deux établissements, c’est 50 % du chiffre global !… Et cela ne prend pas en compte tous ceux qui sont signalés comme s’étant radicalisés !

Aujourd’hui, le nombre de détenus mis en cause ou condamnés pour terrorisme en lien avec l’islam politique dépasse très largement les 400 et celui des repérés pour un processus dit de « radicalisation » approche dangereusement les 1800… C’est 2.8 % de la population carcérale.

Qu’attendent nos dirigeants pour prendre les mesures qui s’imposent à notre administration ?… Un nouvel attentat comme à Osny ?… La déferlante des revenants de Syrie que la DAP ne sera pas en mesure de gérer ?…

Que faut-il pour les amener à la raison et au pragmatisme ?!…

Après l’annonce de la fermeture des unités dédiées, l’UFAP UNSa Justice était en droit d’attendre des suites qui répondent aux enjeux sociétaux de demain et à l’urgence de la situation quotidienne des Personnels. Les Quartiers d’Evaluation de la Radicalisation (QER) sont bien loin des attentes légitimes de notre Organisation Syndicale et des Personnels sur le terrain.

Au mieux, il s’agit d’unités dédiées améliorées !… Avec 6 QER et 120 places au total, que sommes- nous en droit d’espérer ?!…

A défaut de structures adaptées pour les femmes et les mineurs, dont la participation aux affaires de terrorisme va croissante, la DAP propose une équipe mobile d’évaluation pour les unes et l’affectation en établissements pour mineurs (jusqu’à 5) pour les autres avec évaluation par la PJJ!…

Certes, les mesures de sécurité sont plus marquées… mais comment les mettre en œuvre avec 11 agents ?!?… Aucune dérogation au régime de fouille en vigueur et pas d’isolement total des détenus affectés au sein de ces nouveaux quartiers : voilà le triste constat !…

L’UFAP UNSa Justice déplore que le principe de l’isolement total des détenus en QER n’ait même pas été évoqué ou discuté !!!

La prépondérance du groupe et l’existence d’une réelle solidarité entre les individus ne sont pas considérées. Les experts estiment, qu’à minima, il faut 2 ans sans contact avec un individu appartenant à la mouvance pour éventuellement engager un programme de prise en charge qui s’étale sur 10 à 15 ans…

Le cœur de cette nouvelle expérience demeure la même que la précédente : la prise en charge sociale de la violence extrémiste.

La DAP joue à l’illusionniste pour nous faire croire à l’existence d’une frontière entre violence et non-violence alors que le passage de militant à terroriste est aujourd’hui aussi rapide qu’imprévisible !

Nos dirigeants refusent de voir la réalité : le lien entre activisme politique et activités terroristes !

L’UFAP UNSa Justice se demande si le continuum de la violence signifie quelque chose pour les spécialistes de la DAP ?!…

Et quid à l’issue de l’évaluation ?… La dispersion, la diaspora du terrorisme sur l’ensemble du territoire : QI pour certains, quartiers de regroupement pour d’autres ou tout simplement retour en détention ordinaire avec un joli programme de désengagement de la violence sous le bras…

L’UFAP UNSa Justice refuse que les Personnels soient une fois de plus les victimes collatérales de l’utopie des uns et de l’angélisme des autres !

L’UFAP UNSa Justice revendique la création d’une structure pénitentiaire ETANCHE avec un niveau élevé de sécurité passive et active.

L’UFAP UNSa Justice exige qu’un régime dérogatoire de fouille soit mis en place au sein des QER ainsi que la mise à niveau des organigrammes afin d’assurer une supériorité numérique constante.

L’UFAP UNSa Justice demande l’ouverture d’une réflexion de fond sur la création d’une structure pénitentiaire adaptée aux détenus terroristes.

Pour l’UFAP UNSa Justice, il y a urgence …. Et l’urgence ne rime pas avec panique et impuissance !

Paris, le 14 février 2017

Pour l’UFAP UNSa Justice

Le Secrétaire Général,

Jean-François FORGET

160217 – Détenus terroristes, détenus radicalisés

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