ENQUÊTE SUR LA CULTURE ET LES POPULATIONS D’OUTRE-MER

LA MOM SONDE « SES ETHNIES» !

En juin 2017, les Personnels exerçant en Outre-Mer ont été destinataires d’un questionnaire en lien avec un « projet d’étude sur la question des TIS (Terroristes Islamistes) et des personnes radicalisées ultramarines ». La démarche de la MOM (Mission Outre-Mer) à travers son binôme PLAT visait donc à « constituer des fiches décrivant les spécificités de chaque territoire » afin de « s’éloigner d’une vision souvent ethno-centrée »!

L’UFAP UNSa Justice condamne cette démarche et rappelle que le rôle de la MOM est d’articuler et de mettre en œuvre la politique pénitentiaire en Outre-Mer… Certainement pas de sonder ses « ethnies ».

Outre la diffusion de ce questionnaire en catimini par la MOM, le contenu est quant à lui scandaleux! À partir des contributions des Personnels ayant « une expérience et des connaissances sur ces territoires », l’idée est de dresser le « portrait » d’un habitant ultramarin afin de permettre l’émergence d’un « profil » type.

Au vu des items proposés, est-il acceptable que l’on en vienne à dresser un profil type à partir de critère ethnique? Arriver à définir chaque ultramarin par « un Guadeloupéen c’est ÇA ; un Mahorais c’est ÇA » est purement insultant!

Ce projet ne relève d’aucune démarche sérieuse! Pis, il utilise des critères de recherche des plus tendancieux…

L’UFAP UNSa Justice s’indigne contre cette démarche de l’Administration, qui ne s’intéresse à la problématique ultramarine qu’à travers le prisme de la radicalisation, de peur qu’une vague radicale ne débarque sur le sol métropolitain !

Faut-il rappeler que l’Outre-Mer est en souffrance depuis trop d’années?

N’est-ce pas mépriser les Personnels ultramarins que de venir enquêter sur UNE SEULE PROBLÉMATIQUE MÉDIATIQUE, tout en niant leurs difficultés quotidiennes? L’Administration Pénitentiaire choisit ses thématiques quand il s’agit de l’Outre-Mer!

Les Personnels exerçant en Outre-Mer subissent au quotidien l’ignorance de l’Administration! Cette dernière ferme les yeux sur la surpopulation carcérale, les agressions, le parc pénitentiaire vétuste et inadapté, les sous-effectifs des structures pénitentiaires (Établissements Pénitentiaires et SPIP), les phénomènes de gangs et bien d’autres encore…

L’UFAP UNSa Justice s’interroge sur le fondement de cette enquête! Y aurait-il un processus d’embrigadement différent en fonction de son origine géographique? En quoi ce type d’enquête peut aider à comprendre un phénomène aussi complexe que la radicalisation?

Pourtant, les dernières études démontrent bien qu’il n’existe pas de critères fixes permettant de reconnaître clairement le passage à la radicalisation islamiste. Les explications sociologiques portant sur l’âge, les conditions sociales, le niveau d’instruction ou d’insertion économique, ne sont pas déterminants.

L’UFAP UNSa Justice exige le retrait immédiat de ce questionnaire!

L’UFAP UNSa Justice, qui défend depuis toujours la cause ultramarine ne tolérera pas un tel manque de respect. L’Administration se dédouane de sa responsabilité en rejetant la faute sur une « initiative personnelle… »!

Paris, le 02 juin 2017

Le Secrétaire Général,

Jean-François FORGET

Le Secrétaire Général Adjoint,

David CALOGINE

2.06.2017 – Circulaire cultures et populations dOutre Mer

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