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Lettre ouverte au DAP : Situation alarmante du CP de Laon Envoyer
Écrit par JF. FORGET   
Lundi, 11 Janvier 2010 02:00

Monsieur le Directeur,

L’UFAP/UNSa a l’honneur d’attirer votre attention sur la situation alarmante du centre pénitentiaire de LAON.

Monsieur le Directeur,

L’UFAP/UNSa a l’honneur d’attirer votre attention sur la situation alarmante du centre pénitentiaire de LAON.

Alertée par nos instances locales et régionales, une délégation UFAP/UNSa composée de représentants nationaux, régionaux et locaux s’est rendue sur cet établissement le 07 décembre 2009.

A l’issue de cette visite, nous nous sommes entretenus avec Monsieur GAPP Christian, directeur de l’établissement, à qui nous avons dressé un bilan des plus accablants.

En effet, lors de nos échanges avec les personnels de tous corps et grades confondus, nous avons ressenti de façon palpable le mal-être des collègues exerçant au sein de cette structure.

D’une manière générale, nous ne pouvons malheureusement que constater l’échec de la politique menée par le chef d’établissement tant sur la gestion de la population pénale que sur celle des ressources humaines.

L’UFAP/UNSa ne peut que déplorer l’état d’errements et d’abandon dans lequel les personnels pénitentiaires placés sous votre autorité sont contraints d’exercer.

Ce centre pénitentiaire d’une capacité théorique de 395 places (180 en maison d’arrêt, 200 au centre de détention, 15 au quartier mineur) accueille actuellement 569 détenus. La densité carcérale du quartier MA atteint les 193%. L’UFAP/UNSA s’insurge de l’augmentation de la capacité d’accueil (551 places). Ce dispositif d’accroissement de la capacité déguisé, imposé aux personnels, sans concertation préalable avec les organisations syndicales, ne fait qu’accroître les difficultés rencontrées dans la gestion quotidienne.

Connaissant votre attachement aux règles pénitentiaires européennes, vous conviendrez aisément que l’encellulement individuel est difficilement applicable au regard du nombre de détenus par cellule en maison d’arrêt (2 à 3 au minimum).

De plus, l’établissement pâtit, dans l’observation et l’affectation de la population pénale, de l’absence de quartier arrivant et de la mise en place d’un régime différencié qui n’en a que le nom. En effet, les différents régimes de détention n’ont pour conséquence que le regroupement massif au sein d’un même étage de détenus fauteurs de troubles et ceci dans un but à peine dissimulé de les soustraire à de quelconques sanctions disciplinaires.

A ce titre, l’UFAP/UNSa est outrée de constater que les écrits administratifs (CRI) rédigés par les fonctionnaires de cet établissement à l’encontre de la population pénale ont une fâcheuse tendance à disparaître ou à être classés sans suite. Il est inacceptable que la Direction de cet établissement puisse se soustraire à ses obligations de la sorte, renforçant d’une part le sentiment d’impunité d’une certaine partie de la population pénale et favorisant d’autre part le sentiment d’abandon des personnels de surveillance.

L’UFAP/UNSa vous demande de bien vouloir interférer auprès du chef d’établissement afin que les agents rédacteurs de CRI soient destinataires d’un courrier leur expliquant la décision prise et motivée par la hiérarchie. Il devient urgent de réinstaurer l’autorité des personnels pénitentiaires en complète déperdition au sein de cette structure.

Face aux largesses octroyées à la population pénale, force est de constater qu’il n’en est pas de même dans les relations entre la direction et les organisations syndicales. Il n’est pas rare que des décisions, aussi fantasques soient-elles, soient appliquées sans passage en comité technique paritaire local.

Ainsi, les 1ers surveillants de roulement vont être contraints de monter des permanences le week-end en lieu et place des personnels de commandement. En effet, ces derniers se sont vus octroyés les astreintes de Direction.

L’UFAP/UNSa vous rappelle qu’un établissement ne peut fonctionner sans repère précis pour les personnels y exerçant. En l’état, il serait préjudiciable pour le bon fonctionnement de cette structure, de ne pas repositionner les personnels pénitentiaires dans des missions correspondant à leurs grades.

De plus, l’UFAP/UNSa ne peut accepter que décisions entérinées au sein d’instances paritaires soient bafouées. En effet, les modalités d’applications de la note du 31 juillet 2009 concernant les rondes de nuit ont été modifiées sans explication préalable avec les siégeant du CTPS.

Pour conclure, vous sachant attaché au bon fonctionnement des établissements dont vous avez la charge ainsi qu’à la mise en place d’un véritable dialogue social, l’UFAP/UNSa espère que vous saurez prendre les mesures qui s’imposent afin de rétablir la sécurité, la sérénité ainsi que l’autorité des agents du centre pénitentiaire de Laon qui depuis trop longtemps, font malheureusement les frais d’une politique locale incohérente et dangereuse.

Les agents de cet établissement, à bout de souffle, sont en droit d’attendre de leur hiérarchie, une véritable écoute ainsi qu’une véritable concertation afin d’atteindre notre objectif commun : l’amélioration des conditions de travail ainsi que l’optimisation du fonctionnement de cet établissement.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mon plus profond respect.

 

 

 

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