La vérité sur les dangers de la fumée du cannabis

Saintes le 15 mars 2017

L’UFAP-UNSA Justice tenait à vous informer et tenter d’expliquer de plus en plus de maux de tête et de vertiges au sein de la Détention de la MA SAINTES. Pour nous, être exposé à la fumée et à l’odeur du cannabis toute la journée dans un milieu en vase clos, par la majorité des agents peut en être la cause.
L’UFAP-UNSA Justice a été saisie par les collègues afin de répondre à une interrogation à laquelle ni le Chef d’Établissement, ni l’Administration ne souhaitent donner une réponse et une reconnaissance à ce risque médical et donc psycho-social.
Une des questions est de savoir si on est positif au dépistage concernant la consommation passive de cannabis et si celle-ci est dommageable pour notre santé.
Quelques agents ont déjà établi des comptes rendus professionnels au Chef d’établissement à ce sujet.
Vous savez que lors d’un comité technique local, le médecin du travail nous a confirmé qu’il n’y avait aucun risque à inhaler des fumées passives de cannabis ! et basta, on passe à autre chose.
Malheureusement la réponse est tout autre mais le taux n’est pas assez élevé pour être puni par la loi. Les législateurs avaient tout prévu.
L’UFAP-UNSA Justice renvoie donc à ses responsabilités l’administration pénitentiaire dans la non prise en charge de ce problème psycho-social et voit que cette dernière laisse les agents inhaler du cannabis dans nos prisons sous l’égide du Ministère de la Justice sans réagir … un comble !!
L’UFAP-UNSA Justice tenait donc à vous informer des réels dangers que vos personnels encourent.
« Les études scientifiques :
(…) Toutes ces études ont suivi un protocole plus ou moins similaire, basé sur une exposition en vase clos à la fumée de cannabis. Concrètement, plusieurs personnes fument du cannabis dans une pièce fermée (…) tandis que des non-fumeurs inhalent cette fumée (exposition passive (…) Les résultats semblent tous conduire aux mêmes conclusions.
• Pour les tests urinaires:
Des tests urinaires de type GC/MS (chromatographie à phase gazeuse + spectrométrie de masse) ont été réalisés sur les sujets non-fumeurs, entre 6 et 24 heures après exposition. Les résultats attestent formellement que la plupart des échantillons d’urines étaient positifs au THC, à des taux variant de 6 à 20 ng/ml (nano grammes par millilitres d’urine).

Il est donc clair que les non-fumeurs consomment passivement les substances cannabiques contenues dans l’air inhalé. (…) Si la contamination des fumeurs passifs est ainsi clairement avérée dans ces diverses études, elle ne semble portant pas générer de concentration urinaire en THC suffisante pour qu’un test soit positif. En effet, le seuil de dépistage international (y compris en France) du cannabis dans les urines est de 50 ng/ml. (…) et pour information, le seuil international de 50 ng/ml a justement été fixé à ce niveau afin d’éviter les éventuels faux positifs dûs à une exposition passive.
• Pour les tests salivaires:
C’est une étude faite en 2004 qui apporte la réponse. Le protocole reste le même. (…) Des échantillons de salive ont été prélevés sur tous les participants. Les sujets passifs ont montrés des résultats positifs (de 3,6 à 26,4 ng/ml de salive) (…)Là aussi, on observe donc une contamination effective par la fumée de cannabis, ce qui parait normal (…).
• Pour les tests sanguins:
Un mot sur la concentration sanguine. Des traces de THC y sont effectivement détectées pendant une courte période de temps, mais à des taux très bas, ce qui exclut une consommation active lors d’une analyse sanguine GC/MS.
Au vu de cela, l’UFAP-UNSA Justice vous informe que les personnels ne seront à priori pas sanctionnés en cas de contrôle, car le taux sera bien évidemment inférieur au taux réglementairement puni par la loi (merci le législateur) …mais que les agents de la MA Saintes sont bien, mais vraiment bien contaminés !!! Faudra-t-il l’arrivée du cannabis de synthèse « Spice » ou « K2 » pour que le Chef d’Établissement prenne conscience de l’intoxication généralisée et du risque médical» ?

Le Bureau Local de la MA Saintes

Sources :
1977 : Zeidenberg P, Bourdon R, Nahas GG. : Marijuana intoxication by passive inhalation: documentation by detection of urinary metabolites. Am J Psychiatry; 134(1):76-7.
1983 : Mason AP, Perez-Reyes M, McBay AJ, Foltz RL. : Cannabinoid concentrations in plasma after passive inhalation of marijuana smoke. J Anal Toxicol;7(4):172.
1983 : Perez-Reyes M, Di Guiseppi S, Mason AP, Davis KH. : Passive inhalation of marihuana smoke and urinary excretion of cannabinoids. Clin Pharmacol Ther; 34(1):36-41.
1984 : Law B, Mason PA, Moffat AC, King LJ, Marks V : Passive inhalation of cannabis smoke. J Pharm Pharmacol; 36(9):578-81.
1985 : Morland J, Bugge A, Skuterud B, Steen A, Wethe GH, Kjeldsen T. : Cannabinoids in blood and urine after passive inhalation of Cannabis smoke. J Forensic Sci;30(4):997-1002.
1987 : Magerl H, Wiegand C, Schulz E: Cannabinoid intake by passive smoking. Arch Kriminol ;179(1-2):31-7.
1987 : Cone EJ, Johnson RE, Darwin WD, Yousefnejad D, Mell LD, Paul BD, Mitchell : Passive inhalation of marijuana smoke: urinalysis and room air levels of delta-9-tetrahydrocannabinol. J Anal Toxicol; 11(3):89-96.
2001 : Skopp G, Potsch L. : Passive exposure in detection of low blood and urine cannabinoid concentrations. Arch Kriminol; 207(5-6):137-47.
2004 : Sam Niedbala, Keith Kardos, Sal Salamone, Dean Fritch, Matth Bronsgeest, and Edward J. Cone. : Passive cannabis smoke exposure and Oral fluid testing. Journal of Analytical Toxicology, ISSN 0146-4760, Volume 28, Issue 6, October 2004, pp.546-552 »

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