L’ATTENTAT TERRORISTE D’OSNY NE DOIT PAS RESTER SANS RÉPONSE !…

La DAP nous avait pourtant bien dit, à nous les petites mains pénitentiaires, que la lutte contre le terrorisme et l’éradication de la radicalisation en milieu carcéral passaient par les Unités Dédiées (UD) et la sacro-sainte prévention… ; le tout étant associé au repérage et à la réceptivité à un programme de prise en charge censé ramener dans le « droit chemin républicain » des individus « en situation d’échec social, de fragilité psychologique et de marginalisation » et d’en faire des pacifistes… ; mais pas du tout et c’est même tout le contraire !

Considérer les terroristes comme des délinquants violents ou des nihilistes, considérer que la misère sociale et la frustration qui en découlent sont à l’origine de la radicalisation ou d’un passage à l’acte constituent une vision trop optimiste. C’est la « culture de l’excuse » : une posture idéologique non seulement inefficace mais aussi mensongère et aujourd’hui dangereuse.

Ce dimanche 4 septembre 2016, deux Surveillants affectés au sein de l’unité dédiée de la maison d’arrêt du Val d’Oise ont été les victimes, durant leur service, d’un acte de terrorisme, d’une attaque planifiée au nom d’une idéologie politico-religieuse.

L’UFAP UNSa Justice ne s’est jamais cachée

et a toujours fait valoir son opposition au concept même des UD !…

Notre Organisation Syndicale n’est pas opposée à une prise en charge adaptée des détenus pour faits de terrorisme au nom de l’islam politique et militant, tout comme ceux se revendiquant de cette mouvance et que l’administration désigne sous le nom de « radicalisés ».

Bien au contraire, pour l’UFAP UNSa Justice, cette prise en charge adaptée doit être assurée au sein de structures spécialisées garantissant la sécurité des Personnels qui y interviennent !

Il s’agit là d’un principe de base avant toute velléité d’intervention : assurer sa propre sécurité afin d’éviter le sur-incident !… Volontairement ou pas, nos dirigeants l’ont occulté, comme tant d’autres éléments stratégiques. Les UD sont un contenant sans contenu, un concept insignifiant construit dans la précipitation et limité par l’aveuglement des uns et la tartufferie des autres !…

La position de l’UFAP UNSa Justice est sans concession : la dé-radicalisation relève du domaine du secondaire. Il est déjà très difficile de modifier son propre comportement (exemple de l’arrêt du tabac), obliger un individu à changer d’avis, à bousculer ce qu’il a dans la tête paraît alors extrêmement compliqué.

Dé-radicaliser un terroriste, un individu radicalisé ou en voie de radicalisation, c’est le déposséder de son identité, de sa raison d’être.

Sans courage, ni honnêteté intellectuelle de nommer les choses, nos dirigeants sont devenus une partie du problème !

Après le rejet du projet UD par l’ensemble des organisations professionnelles représentatives lors du CT-AP du 14 janvier 2016, l’UFAP UNSa Justice a adressé un courrier au Président de la République.

C’est empreint de gravité que notre Organisation Syndicale lui a demandé de stopper la mise en œuvre des UD pour les raisons suivantes : projet non adapté à l’ampleur du phénomène, définition minimaliste et obsolète de la radicalisation, absence de dispositions en matière de procédure pénale permettant une gestion spécifique de ce type de détenus, abandon de la notion de détection précoce au profit de celles de repérage et d’évaluation et occultant totalement la « taqqiya » (dissimulation que l’auteur des faits d’Osny a parfaitement mis en œuvre).

La conclusion de ce courrier était sans appel et déjà prémonitoire : « nous nous dirigeons vers un échec assuré, aux conséquences graves et insupportables dont vous ne pourrez pas dire ne pas être au courant ».

Le 10 mars 2016, une délégation de l’UFAP UNSa Justice était reçue par la conseillère Justice du Premier Ministre. Celle-ci s’accordait à dire que les détenus condamnés ou mis en cause dans des procédures terroristes en lien avec l’islam devaient faire l’objet d’une prise en charge spécifique rendue possible par une réforme du CPP en matière terroriste.

Où en sommes-nous des évolutions législatives tant attendues ?…

Par suite, notre Organisation Syndicale s’est montrée très critique envers la gestion des détenus radicalisés hors UD et la mise en œuvre de grilles de repérage de la radicalisation. Faisant abstraction de nos remarques et propositions, la course à l’échalote a continué : les prêcheurs de dé radicalisation et les divers lobbys attirés par l’odeur de l’argent public du budget PLAT ont conforté la DAP dans sa stratégie de l’erreur !

En juin dernier, suite à l’attentat commis par Larossi ABBALLA (meurtre d’un couple de policiers à Magnanville) et aux menaces proférées envers le personnel pénitentiaire, l’UFAP UNSa Justice lançait un appel à la vigilance et à la prudence.

Nous avons exigé de la DAP des directives claires pour garantir et assurer la sécurité des personnels en milieu ouvert et en milieu fermé. En clair, il a toujours été inacceptable, pour notre Organisation Syndicale, que les Personnels soient les victimes collatérales de l’attentisme de nos dirigeants !

Courant août, en l’absence de consignes de la DAP, l’UFAP UNSa Justice a adressé un courrier au Ministre de la Justice au sujet de la sécurisation des structures pénitentiaires (établissements, SPIP, ENAP, Millénaire) dans le cadre du risque terroriste. Rappelant que les menaces n’étaient ni nouvelles et virtuelles, nous avons demandé la mise en œuvre d’une politique volontariste.

Enfin, dernièrement, l’UFAP UNSa Justice a de nouveau incité nos têtes pensantes à la réflexion suite au changement de cap engagé notamment en Grande-Bretagne en matière de gestion des détenus terroristes.

Les UPRAD ne changeront rien et tout le monde le sait !…

Après l’acte de terrorisme de dimanche, l’UFAP UNSa Justice attendait légitimement plus de considération de notre ministère de tutelle. Ni la DAP, ni la Chancellerie n’ont jugé bon d’organiser un CT-AP en urgence afin de débriefer l’événement et de convenir ensemble des mesures à prendre à courts termes avant d’envisager celles à moyens et longs termes dans l’objectif de garantir la sécurité de TOUS LES PERSONNELS.

L’UFAP UNSa Justice sollicite la réunion en urgence des organisations syndicales représentatives par le Ministère. A défaut, la Première Organisation Syndicale invite les Syndicats représentatifs à se réunir, pour convenir des actions à mener.

Paris, le 7 septembre 2016.

Pour l’UFAP UNSa Justice

Le Secrétaire Général,

Jean-François FORGET.

070916 – L’attentat terroriste d’Osny ne doit pas rester sans réponse

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