Lettre ouverte

Le 16/10/2017

Le bureau local UFAP / UNSA
Du CD de Bédenac

À

Madame la chef d’établissement
Du CD de Bédenac

Objet : Mise en place des E.L.S.P.

Madame la Directrice,

Faisant suite aux quelques maigres explications que vous nous avez fourni concernant la mise en place des E.L.S.P., nous avons bien conscience que d’accord ou pas, volontaires ou pas, celle-ci aura bien lieu.
Par contre nous nous insurgeons contre votre manière de faire. Menacer les agents en 13h et les postes fixes d’un retour en détention s’ils ne sont pas volontaires n’est pas digne d’un chef d’établissement !
Contrairement au principe de Machiavel, nous pensons qu’il vaut mieux être respecté que craint….
Etre armé dans les rues n’est pas inné et est loin d’être anodin. De plus, le CD de Bedenac a toujours eu vocation à être un établissement atypique où les méthodes de travail sont principalement axées sur la réinsertion, comprenez la réticence des agents.
Ce que nous souhaitons maintenant, c’est que cette mise en place soit faite dans les meilleures conditions possibles pour l’ensemble des personnels.
Dans votre note réf:R.114-R.61 N°40/2017 du 03/10/2017, vous faites un appel d’offre sur la base du volontariat avec priorisation aux agents effectuant des coupures et aux postes fixes. Nous ne voyons pas pourquoi les agents de détention intéressés ne pourraient pas postuler tout en restant en équipe. Il faudra bien d’ailleurs des agents postés habilités lorsque des extractions auront lieu les nuits ou les week-ends. Il n’est pas la peine d’envisager des astreintes auprès des postes fixes ou agents en 13h, ils ne sont que des catégories C non soumis à l’article 10.
Vous annoncez une formation qualifiante de 15jours type PREJ . Nous ne voulons pas d’une formation au rabais alors que celle des PREJ dure 2 fois plus longtemps.
Vous nous dites en réunion de synthèse que de la même manière que les PREJ, nous pourrons utiliser le kangoo pour les extractions. Avez-vous déjà regardé de près un de ces véhicules ?
S’ils ont la même dénomination, les Kangoo des PREJ sont véritablement sécurisés contrairement à celui du CD !
Ce serait mettre délibérément la vie des agents en danger que de vouloir les faire transporter un détenu dans ce véhicule en étant armés. Celui-ci pourrait, même menotté, à tout moment se saisir de l’arme….
Nous exigeons donc le même véhicule que les PREJ.
Nous demandons également un peu de cohérence dans cette mise en place.
En effet, dans un premier temps, celle-ci n’est sensée concerner que les extractions judiciaires. Comment expliquer à un détenu que le lundi on l’emmène à l’hôpital sans autre formalité et que le mardi, il sera encadré par les mêmes surveillants mais cette fois armés pour aller au tribunal ! C’est totalement illogique…
Vous dites qu’en cas d’extraction judiciaire et extraction médicale simultanées, cette dernière pourrait être maintenue selon les désirs de l’unité sanitaire.
Même si c’est la pratique actuelle, il serait grand temps d’en changer et de penser d’avantage à la sécurité des personnels et de l’établissement. Il est incohérent de vouloir maintenir à tout prix une extraction médicale lorsqu’il n’y a pas le personnel suffisant !
Enfin, nous demandons une réelle réflexion sur la gestion du temps de travail et du positionnement des agents lors de ces extractions. L’établissement n’ayant pas eu d’apport de personnels supplémentaires pour effectuer ces nouvelles missions, ce seront forcément des surveillants affectés quotidiennement à d’autres tâches. Sachant en plus, qu’en fonction du profil du détenu, ces extractions devront se faire à 3 agents.

Dans l’attente, veuillez croire, Madame la Directrice, en l’expression de nos salutations respectueuses.

Pour le bureau UFAP
Le secrétaire local
Pascal FER

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