PRISONS ULTRAMARINES

L’avis rendu le 18 mai dernier par la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) sur la question pénitentiaire Outre-Mer dresse un état des lieux réaliste de la situation des établissements ultramarins.

Si cet avis ne nous apprend rien sur le quotidien des Personnels, l’UFAP UNSa Justice considère que la situation pénitentiaire Outre-Mer est plus qu’alarmante….

ELLE EST INACCEPTABLE !…

Les établissements d’Outre-Mer subissent une surpopulation carcérale endémique avec un taux d’occupation des structures compris entre 118 et 230 %.

Cette situation est le résultat d’une politique pénitentiaire ultramarine inexistante !

La surpopulation touche les maisons d’arrêt qui sont devenues de véritables zones d’attente avant affectation en établissements pour peine, entraînant par là un gonflement des effectifs. La surpopulation touche aussi les établissements pour peine dont le nombre est en inadéquation avec la réalité du terrain. L’absence d’un Centre National d’Évaluation (CNE) délocalisé en est aussi une illustration. Par ailleurs, le manque de moyens des SPIP associé au manque de structures publiques et associatives rendent difficile la mise en œuvre des aménagements de peine.

Cette surpopulation se traduit quotidiennement par des violences entre détenus et entre détenus et Personnels. La Réunion et l’arc Antilles-Guyane connaissent leurs lots d’hospitalisations régulières, voire d’homicides. Ces violences sont renforcées par la présence démesurée d’armes artisanales (les fameux « pics »), la continuité intramuros des rivalités insulaires et de la guerre des gangs dont la gestion et les répercussions sur les détentions hexagonales n’ont pas encore été anticipées par la DAP !

Pour l’UFAP UNSa Justice, l’avis de la CNCDH renvoie à notre ministère la question de la continuité territoriale : les territoires ultramarins ont cette particularité d’être à la fois dedans (partie intégrante du territoire de la République) et dehors en raison de l’éloignement géographique.

Pour la DAP, il s’agit bel et bien de mettre un terme à l’isolement des structures pénitentiaires livrées à elles-mêmes : la distance et le décalage horaire ne peuvent en aucun cas justifier la discontinuité du lien entre l’administration centrale, la Mission Outre-Mer et les établissements !

Pour l’UFAP UNSa Justice, la vétusté des établissements NE DOIT PLUS être une caractéristique ultramarine : le retard pris dans la rénovation des structures comparativement à l’Hexagone DOIT être rattrapé !

L’UFAP UNSa Justice exige un plan Marshall ultramarin, créant en Outre-Mer notamment des ERIS, des équipes cynotechniques, des EJ, des UHSA, des UHSI, des EPM et revendique la mise en place d’un CNE volant, l’octroi de moyens aux SPIP et le développement d’une politique partenariale d’envergure.

L’UFAP UNSa Justice partage la recommandation 10 de l’avis de la CNCDH. Notre Organisation Syndicale trouve navrant et dénonce que la loi de programmation relative à l’Egalité Réelle Outre-Mer ne prévoie pas de volet pénitentiaire.

L’UFAP UNSa Justice s’associe à l’exigence d’un texte spécifique sur la question pénitentiaire Outre-Mer.

Cette question est à penser d’urgence : l’Administration Pénitentiaire, dernier rempart de la République, a la lourde tâche d’exécuter les peines prononcées au nom des citoyens.

L’UFAP UNSa Justice est convaincue que cette démarche permettra à la France d’initier l’intégration de sa propre diversité et de couper enfin avec les imageries coloniales persistantes qui font le lit du clientélisme syndical identitaire de certains…

Paris, le 6 juin 2017

Pour l’UFAP UNSa Justice

Le Secrétaire Général,

Jean-François FORGET

060617 – Prisons ultramarines…

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