Retour de la « journée de carence » Le gouvernement ressort les vieux démons

Pour se donner de la contenance, le gouvernement nous a ressorti les bonnes vieilles méthodes du « diviser pour mieux régner » en opposant une nouvelle fois le secteur public au secteur privé.

L’engagement de campagne d’Emmanuel MACRON sur le rétablissement de la journée de carence en cas d’arrêt maladie dans la fonction publique avait été annoncé en juillet dernier afin, selon lui, « de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit les charges de travail des Collègues en postes ».

C’est maintenant au tour du Sénat d’en remettre une louche en votant l’instauration, dans le cadre du budget 2018, de trois jours de carence dans la fonction publique en cas d’arrêt maladie.

A l’image de certains « pseudo syndicalistes » au sein de notre administration, le gouvernement sort les méthodes populistes pour faire passer la pilule. Pilule encore plus difficile à avaler quand on regarde les conséquences de la journée de carence. Plusieurs études à l’échelle nationale et européenne le prouvent !… La mise en place de cette mesure, stigmatisante pour les fonctionnaires, débouchent inévitablement sur « une hausse des arrêts maladies de longues durée » (source INSEE).

Plutôt que de mettre en place des mesures stériles, vouées à l’échec, pourquoi ne pas s’attaquer aux véritables CARENCES de notre administration, celles qui conduisent inévitablement à un épuisement prématuré des Personnels pénitentiaires tous corps et grade confondus :

Non remplacement des départs à la retraite, augmentation des charges de travail, course aux objectifs et aux résultats, travail en horaires décalés, de nuit, les dimanches et jours fériés, management par la peur, service en mode dégradé, nouvelles missions, surpopulation pénale, pression de l’univers carcérale, etc.

Quelques exemples des causes qui peuvent conduire les serviteurs de la Justice à la rupture, au burn-out, les contraignant de facto à un congé de maladie ordinaire. Un congé déjà lourdement sanctionnant, puisque l’administration opère déjà des retraits de jours compensateurs et/ou de jours RTT au prorata !

Il serait temps que nos politiques usent de leur droit de visite afin de venir réellement à la rencontre des Personnels pénitentiaires et ainsi se rendent compte des conséquences dramatiques des différentes lois laxistes et « pro-voyou » qu’ils ont eux-mêmes pondues !… Peut-être se rendraient-ils compte des difficultés auxquelles les Personnels sont confrontés quotidiennement !… Ces mêmes difficultés qui les conduisent à un arrêt de travail.

Pitoyable…

Paris, le 21 décembre 2017
Le Secrétaire Général,
Jean-François FORGET

201217 retour de la journée de carence

Related posts