Tract CDC – Pour un statut réel d’officier pénitentiaire !

Non-information, postures et attentes qualifient le dossier de l’avenir du Corps de Commandement toujours suspendu aux annonces de nos décideurs.

L’UFAP UNSa Justice, fidèle à son syndicalisme de progrès, élève le débat et invite à la réflexion celles et ceux qui souhaitent œuvrer à la construction du devenir du Corps de Commandement. Une négociation sur l’avenir d’une profession se travaille sur deux volets : Le statutaire et l’indemnitaire.

Volet 1 : Le statutaire est l’élément de droits et devoirs. Qui dit statut dit métier, missions, rôles, fonctions, etc…  tout ce qui touche au cœur même du quotidien professionnel.

Volet 2 : L’indemnitaire est une des clés de la reconnaissance que nous attendons légitimement de l’engagement et du professionnalisme des Personnels.

Aujourd’hui, l’UFAP UNSa Justice pose un sujet : les travaux relatifs à la réforme statutaire déboucheront-ils sur un statut réel en concordance avec les grades du Corps de Commandement ?

Depuis toujours, le Corps de Commandement appartient au Corps des Personnels de Surveillance et exerce, à quelques exceptions, ses fonctions en uniforme.

Dans un passé lointain, on les appelait Surveillant-chef, Surveillant-chef de maison d’arrêt ou Surveillant- chef de détention. Cela avait le mérite d’afficher la couleur et tout dire sur le contenu des missions. Puis est venu le temps des Chefs de Service Pénitentiaire : CSP1 et CSP2, une dénomination de Chef de Service inadaptée et peu claire pour les Personnels mais très performante pour l’Administration qui a pu leur redistribuer des tâches supplémentaires …les fameuses missions transversales pour appeler poliment ce dont les directeurs ne voulaient plus !

2006, création du Corps de Commandement et des trois grades que nous connaissons…  10 ans déjà et depuis tout est sclérosé !!! Aucune vision sur le long terme n’a émergé de cette dernière. Les seuls changements qui ont été les nôtres ont été des tâches supplémentaires toujours plus nombreuses, des horaires extensibles à l’infini bafouant les règles de l’ARTT, des responsabilités toujours plus importantes sans garantie ni reconnaissance, des inégalités de traitement (logement, IFO) et des critères de mobilité ou de progression sociale des plus douteux…pour ne pas dire obscures, sans parler de l’absence totale de considération pour notre sens du devoir et notre esprit de décision.

Volontairement, la hiérarchie commet régulièrement l’erreur d’employer le terme « officier » quand il s’agit de nous imposer ses décisions sans prendre en compte notre analyse. Il faut se rendre à l’évidence, nos fonctions ne sont pas adaptées aux grades de notre statut qui ne mentionne nullement l’existence du terme ‘’officiers pénitentiaires’’. Cet attribut de vocabulaire constitue aussi un avantage sérieux pour notre administration : faire des économies sur le temps de travail supplémentaire en voulant nous obliger à mettre le petit doigt sur la couture sans pouvoir dire quoi que ce soit !

En service normal ou en période de continuité de service (interventions d’astreinte), les heures supplémentaires sont volontairement écrêtées pour dissimuler le temps de travail effectué en sus du seuil exigé. A la fin, « l’officier » sera même privé de ses moyens de compensation en récupération voire de ses droits à l’attribution d’un logement.

Car il oblige des hommes et des femmes à travailler sans contreparties, ce fonctionnement est malhonnête et ressemble à une pratique de dissimulation du travail supplémentaire. On nous dira que c’est la faute à l’article 10… Cette disposition, en l’absence des emplois nécessaires pour remplir l’ensemble des missions, a été seulement travaillée en amont avec les « OS historiques » et les DSP en 2006-2007.

Un officier est un personnel titulaire d’un grade à responsabilité. Il dispose d’une position d’autorité hiérarchique et exerce des missions de commandement opérationnel. Par son positionnement, il est un rouage essentiel dans le fonctionnement quotidien des établissements.

Au-delà de sa loyauté, sa force de proposition et son expertise, il est un meneur réactif qui veille à la cohésion, à la préparation du travail quotidien sur les plans humains, logistiques, techniques et moral.

Les avancées relatives au Corps de Commandement devront impérativement prendre en compte tous ces paramètres pour constituer enfin un premier pas dans l’identité du Corps de Commandement.

Dans tous les cas, l’UFAP-UNSa Justice se battra pour l’obtention d’une véritable reconnaissance. Notre Organisation syndicale mettra tout en œuvre pour obtenir un déroulé de carrière dynamique et des moyens en faveur du pouvoir d’achat des Personnels.

UFAP UNSa Justice, Persévérance et Initiative 

Paris, le 25 janvier 2017

Le Secrétaire National UFAP UNSa Justice

Corps de Commandement

Luciano DUCCESCHI

250117 – CDC – Pour un statut réel d’officier pénitentiaire

 

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