Un nombre est récemment annoncé par le Ministère de la Justice: 70 000 détenus.

L’annonce du passage au nombre de 70 000 détenus est passée discrètement pendant cette longue période électorale mais il est le reflet d’une grande partie de nos problèmes pénitentiaires. On n’oublie pas de relativiser ce nombre et le nombre de places disponibles mais il nous paraît important d’évoquer ce sujet au début de la période estivale toujours difficile dans nos geôles. L’incarcération, nos politiques n’en parlent pas et aucune annonce n’est faite pendant leurs campagnes électorales. Il est vrai que de parler de surpopulation carcérale, d’insalubrité et de violences quotidiennes dans nos murs n’est pas très populaire. De ce fait, la politique carcérale est encore et toujours oubliée par nos dirigeants. Aucun politique ne s’attarde non plus sur la solution de peine alternative à la prison, la loi du 15 août 2014 relative à l’individualisation des peines et renforçant l’efficacité des sanctions pénales existe mais peine à prouver son efficacité pour les pénitentiaires.
Dans l’immédiat, nous espérons la construction de nouvelles structures adaptées aux profils des personnes incarcérées et l’application du principe de l’emprisonnement individuel comme prévu depuis 1875.
Parallèlement, le problème récurrent de vacances de postes pour les personnels du CEA complique les conditions de travail et de détention dans les établissements pénitentiaires. Pour notre Direction interrégionale, nous dénombrons un manque à minima de 100 surveillants et ce depuis de très nombreuses années. Dans ce contexte, chacun sait que les relations de travail sont tendues, des agents se retrouvent obligés de faire des heures supplémentaires et commencent à se plaindre d’épuisement. Nos vies familiales et sociales deviennent inexistantes et venir au travail devient une souffrance. Que nos politiques le sachent, le manque de popularité de nos métiers est le triste reflet de notre existence personnelle et professionnelle.
En 2017, pour le bureau régional, la surpopulation carcérale et le manque de personnels de surveillance sont les responsables de l’inhumanité de l’Institution Pénitentiaire.

Le 23 juin 2017 Pour le bureau régional
Samuel BERHAULT

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