UR de Dijon – Prise d’otage à la Maison d’Arrêt de DIJON

Vendredi 4 novembre 2016, aux environs de 18 h 30, un détenu a profité que le surveillant d’unité de vie vienne lui rapporter son sac de linge pour, dans un premier temps, le tirer de force dans sa cellule, tout en tentant de lui asséner au visage plusieurs coups de lame de rasoir. 

C’est en évitant ces coups que notre Camarade Eric a chuté et s’est retrouvé alors à la merci de ce criminel qui l’a pris en otage durant pas moins de trois heures. 

Le sang-froid de notre Camarade ainsi que celui des Personnels en faction à ce moment-là a permis très vite d’installer un climat favorable à la négociation entreprise par les nouvellement formés négociateurs du groupe d’intervention pénitentiaire (l’ERIS). 

Durant tout ce temps, Eric était maintenu au sol une lame sur la gorge, entendant même parfois son preneur d’otage faire l’apologie des attentats du Bataclan. 

Chacun imaginera ce qui a pu se passer dans la tête de notre Camarade durant ce temps, même si personne ne pourra se mettre à sa place. 

C’est après trois heures d’un travail apparemment éreintant par le négociateur du groupe d’intervention pénitentiaire que la reddition du preneur d’otage a abouti. 

Notons que c’est à ce moment-là que l’équipe du RAID est arrivée sur les lieux, et dont le rôle n’a été alors que d’accompagner de manière périphérique la reddition du détenu neutralisé par les Agents de l’ERIS. 

Loin de nous l’idée de construire toute une polémique autour de ce drame qui marquera à jamais la mémoire de notre Camarade Eric, pour autant, il y a des choses à dire et nous allons les écrire. 

Rappelons-ici, dans un premier temps, que certains médias télévisés ont été avertis de cette prise d’otage, dès les premières minutes, par une personne qui a indiqué être un détenu de la Maison d’Arrêt et précisé qu’il passait cet appel depuis sa cellule placée non loin de celle du preneur d’otage. 

Quoi de plus normal dans une Institution qui évolue depuis plusieurs années dans le chaos le plus total !. 

 

Dans un second temps, alors qu’Eric était encore placé au sol, une lame sur la gorge, voici que quelques individus en souffrance de notoriété et empressés de faire le buzz, ont trouvé légitime d’annoncer à une chaîne télévisée que le détenu était suivi pour radicalisation. 

Celles et Ceux, Professionnels du terrain, et qui savent de fait ce qu’est encore une détention, imaginent très bien les conséquences de ce genre d’annonce faite à la volée alors même que les détenus suivaient en direct cette prise d’otage par médias interposés. 

Eric, de manière très posée malgré les circonstances, nous a expliqué directement, après sa libération, qu’il avait bien cru, au moment où ce média annonçait cela, que ses derniers instants étaient arrivés au travers de l’attitude inquiétante qu’a eu son preneur d’otage en entendant cela. 

Eric, l’Union Régionale UFAP t’assure évidemment de tout son soutien ainsi qu’à tes proches et souhaitons de tout cœur que tu te reconstruises le plus rapidement possible de ce drame que tu as vécu ce vendredi. 

Nous saluons aussi le sang-froid dont tu as fait preuve durant ces longues heures et te remercions de l’attitude que tu as eu vis-à-vis de tes Camarades et Collègues, quelques minutes après ta libération. 

En effet, nous saluons la grandeur avec laquelle tu as fait passer quelques messages sur la vigilance particulière dont nous devons faire preuve en détention au regard du contexte actuel.

 Enfin, à Ceux qui aiment se flageller constamment en minimisant voire même en éludant le rôle qu’ont les Professionnels Pénitentiaires dans ce genre de situation périlleuse…

 … à Ceux là-mêmes qui remercient très généreusement et systématiquement les groupes d’intervention de la gendarmerie et de la police qui interviennent généralement sur les prises d’otage, nous leur disons que l’Administration Pénitentiaire n’est pas qu’une Institution vouée à l’échec, et que nous pouvons affirmer sans rougir que notre Groupe d’intervention Pénitentiaire, l’ERIS, peut s’enorgueillir de l’opération de négociation et d’intervention qu’ils ont menée durant cette soirée et qui a conduit à la reddition du preneur d’otage.

 L’Union Régionale UFAP vous remercie les Gars pour cet excellent travail, ce professionnalisme qui ne fait que nous rassurer de jour en jour sur vos capacités à mener à bon terme des opérations de plus en plus compliquées.

 Pour conclure, nous avons pu assister durant tout ce temps à toute la cohésion dont sont capables les Personnels de l’Administration Pénitentiaire, et particulièrement ce soir-là, les Personnels de la Maison d’Arrêt dont bon nombre sont revenus spontanément à l’Etablissement, afin de se mettre à disposition, et dont Tous ont montré un sang-froid exemplaire, malgré une ambiance des plus tendues.                                        

 Pour l’Union Régionale UFAP UNSa Justice de DIJON

 Les Secrétaires Généraux, 

 Thierry CORDELETTE et Angui ANASSE

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