UR de Lyon – MA Grenoble/Varces – Une structure caduque à la dérive !?

Les abords du bâtiment d’hébergement ressemblent à un dépotoir à ciel ouvert où s’entasse une épaisse couche de détritus juste sous les fenêtres de la population pénale.

Si l’on fait abstraction du va-et-vient des personnels, la vision d’ensemble donne le sentiment d’une vieille caserne abandonnée. Le chemin de ronde pour se rendre au mirador est devenu un sentier bordé de mauvaises herbes.

Les chambres de nuit des personnels sont aussi lugubres que les cellules des détenus. Deux douches minuscules et puant la moisissure à proximité des vestiaires d’un autre temps. 

Travailler, voire vivre dans un tel environnement n’est pas acceptable.

Pour l’UFAP-Unsa Justice, il est impossible de croire que cette prison puisse être maintenue en l’état et nous n’imaginons pas d’autre solution que d’en construire une nouvelle dans la proximité géographique avant de raser ce lieu devenu impossible à entretenir compte tenu de sa vétusté.

Ce constat étant, que dire de la gestion à l’emporte pièce des agents ?

Malheureusement, comme c’est le cas ailleurs, il manque du personnel et cela entraine le rappel des surveillants sur leurs repos pour dit-on tenir les postes mais comme le service est organisé en mode dégradé cela revient justement à ne pas planifier l’occupation de tous les postes, ceci vaut pour la journée mais aussi pour les nuits.

De qui se moque-t-on ?

Abaisser de la sorte le niveau de surveillance est assurément un risque pour la sécurité du personnel et celle des détenus. Alors l’argument mis en avant pour justifier cette disposition serait de préserver des repos hebdomadaires…

Si tel était le cas, comment se fait-il que soit imposé aux agents de travailler en 12h00 au lieu de 6h00, quand bien même ils ne sont pas volontaires ?  Doubler le temps de travail sur une journée n’équivaut-il pas à réduire de moitié le temps de repos ?

L’UFAP-Unsa Justice rappelle par ailleurs que le service en longue journée doit emporter l’adhésion de l’agent mais c’est sans compter sur la farouche détermination de la direction locale à vouloir imposer sa volonté au mépris des textes, poussant le bouchon jusqu’à tenter de s’expliquer au travers d’une note de service totalement alambiquée où l’amalgame devient la règle.

Tout ceci ne nourrit en réalité qu’un seul objectif officialisé par la DAP, faire baisser la production des heures supplémentaires en découvrant des postes quitte à détourner localement de sa finalité la règle sur le volontariat du service en 12h00.

Sauf à mettre tout le monde en danger, c’est mission impossible !

Les personnels de la Maison d’Arrêt de Varces/Grenoble ne sont pas responsables de l’état de délabrement dans lequel se trouve leur outil de travail, pas plus du manque d’effectif récurent pourrissant plus encore leurs conditions de travail et au delà leur vie sociale et familiale.

L’Union Régionale UFAP-Unsa Justice de LYON ne peut que dénoncer et condamner la forme utilisée pour les maintenir sous pression et les balader de la sorte.

Que ce soit en matière de salubrité ou de service, l’administration a l’air de se croire intouchable, et forte de cette nouvelle toute puissance qu’elle se découvre, elle pervertit les textes en vigueur pour imposer à des agents déjà en souffrance et en difficulté, des nouvelles modalités de service particulièrement impactantes sur le plan de leur santé.

Mais elle oublie un peu vite que sa responsabilité pénale peut être engagée…

A bon entendeur…

Lyon, le 1 juin 2016

Les Secrétaires Généraux

de l’UR/UFAP-Unsa Justice de Lyon

01.06.2016 – MA Grenoble une structure caduque à la dérive

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