Comme tous les établissements pénitentiaires du territoire, la Maison d’arrêt de Carcassonne a dû se plier ce matin à l’annonce spectaculaire de Monsieur Darmanin :
Fouiller chaque cellule avant le 31 décembre pour atteindre l’objectif « zéro portable, zéro stupéfiant ».
L’intention peut sembler louable.
La réalité, elle, est beaucoup moins glorieuse.
Une fois de plus, les agents ont dû assurer cette mission sans renforts à la hauteur.
L’application de l’article 22, comprenez : « débrouille-toi comme tu peux », s’est imposée d’elle-même, alors même que ce type d’opération peut devenir extrêmement tendu en quelques secondes.
Ce matin, les agents du service de nuit ont dû prolonger leur présence pour sécuriser les mouvements ; Des collègues ont été rappelés sur leur repos pour venir prêter main forte.
Leur engagement force le respect encore une fois.
Cette fouille dite « d’ampleur exceptionnelle » a permis de saisir sur les 10 cellules ciblées :
9 téléphones portables,
7 Chromecast,
17 g de résine de cannabis,
Et les cinquante autres cellules de l’établissement, me demanderez-vous ?
Roulement de tambour…Eh bien, rien ! Absolument rien, puisque ces 50 cellules n’ont même
pas été fouillées.
À ce stade, c’est tout sauf une fouille générale
Sur un établissement qui compte environ 60 cellules, fouiller seulement 10 d’entre elles relève davantage d’un échantillonnage symbolique que d’une opération « XXL ».
Monsieur le Garde des Sceaux, avant de vouloir faire « place nette », il faudrait commencer par ranger la maison pénitentiaire :
• Ranger, c’est résorber les 20 000 détenus de trop qui saturent les maisons d’arrêt, dont la nôtre, régulièrement à plus de 250 % de surpopulation.
• Ranger, c’est fournir enfin les équipements demandés depuis des années, comme les filets antiprojection, indispensables face aux livraisons par drones quasi quotidiennes.
• Ranger, c’est surtout recruter, car les milliers de postes vacants mettent quotidiennement en péril la sécurité et la santé de tous les agents qui œuvre sous votre autorité.
Cette « formidable » opération ressemble davantage à un coup d’épée dans l’eau qu’à une politique de sécurité. Elle ne semble destinée qu’à remplir un tableau Excel et à offrir, plus tard, une belle communication ministérielle sur « l’efficacité » du dispositif.
La réalité du terrain, c’est que dès ce soir, nos pensionnaires recevront de nouveaux téléphones… accompagnés, comme toujours, d’un petit supplément pour finir la journée « sereinement ».
Pour terminer sur ce qui mérite vraiment d’être souligné, le bureau local UFAP UNSa Justice de la MA de Carcassonne salue une nouvelle
fois le professionnalisme, la solidarité et l’abnégation des agents de la
MA de Carcassonne.
Pour le bureau local UFAP UNSa Justice Le secrétaire local
Pierre JOURNET