Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

OUTRE-MER : LE MAL-AIMÉ…JUSQU’À SON PILOTAGE

La DSPOM (Direction des Services Pénitentiaires de l’Outre-mer), basée à Ivry-sur-Seine, pilote l’ensemble des établissements et services pénitentiaires ultramarins. Son rôle est celui d’une direction interrégionale : coordination, RH, carrières, paies, organisation, sécurité… tout ce qui conditionne, au quotidien, la vie des personnels à des milliers de kilomètres.

Et pourtant, dès qu’il s’agit d’Outre-mer, la même logique se répète : on exige beaucoup, on donne peu.

L’UFAP UNSa Justice dénonce une réalité simple : le pilotage de l’Outre-mer est sous-dimensionné, alors même que les missions se diversifient et se complexifient.

Un effectif “au rabais” pour une mission interrégionale

Les comparatifs de dotation à périmètre comparable sont sans appel : lorsqu’on met les choses à valeur égale en retranchant des effectifs et unités propres à certaines régions mais inexistants en Outre-mer, l’écart reste brutal. La DSPOM fonctionne trop souvent avec des moyens proches de la moitié de ceux observés dans d’autres directions interrégionales, alors que la charge, elle, ne diminue pas.

Et la DSPOM ne gère pas un “standard national” : elle doit composer avec des réalités spécifiques à chaque territoire (réglementations, dispositifs indemnitaires, règles de paie et de calcul différentes selon les départements et collectivités, décalages horaires, contraintes logistiques). Cela exige de l’expertise, de l’anticipation, du temps… donc des effectifs.

Ce sous-dimensionnement n’est pas un débat théorique : il se répercute directement sur le terrain :

  • Délais de gestion RH allongés,
  • Paies et régularisations plus longues et plus complexes,
  • Carrières et avancements freinés,
  • Et une impression persistante d’abandon…

L’UFAP UNSa Justice tient à mettre en lumière l’abnégation et le professionnalisme des personnels de la DSPOM. Ils font tenir l’Outre-mer à bout de bras : ils compensent, ils absorbent, ils maintiennent le service malgré le manque de moyens.

L’UFAP UNSa Justice les félicite et les soutient sans réserve. Mais cette situation n’est pas tenable : l’administration ne peut pas durablement confondre engagement des agents et politique de moyens. Le pilotage de l’Outre-mer doit être renforcé.

Pôle ACP / Surveillance électronique : une mission critique tenue à bout de bras

La surveillance électronique Outre-mer n’est pas un dispositif « annexe » : c’est une mission sécuritaire permanente. Les fuseaux horaires imposent une activité réellement 24h/24, avec des alarmes et des interventions à toute heure.

En service, le suivi d’environ 1 300 mesures actives repose sur 2 agents en journée et un seul agent en service de nuit.

Cette organisation ne laisse aucune marge : elle expose les personnels à l’épuisement et met la continuité du dispositif sous tension. Ces collègues sont des surveillants pénitentiaires à part entière, engagés sur une mission à haute pression, où l’attention doit rester constante.

L’UFAP UNSa Justice le dit clairement : on ne peut pas exiger l’excellence 24h/24 avec des effectifs au minimum vital.

La situation du pôle ACP illustre une limite atteinte. L’UFAP UNSa Justice demande des mesures immédiates et durables pour remettre les effectifs DSPOM à la hauteur des missions et sécuriser l’ensemble de la chaîne Outre-mer.

L’UFAP UNSa Justice demande des mesures immédiates, lisibles et durables :

  • Renfort urgent et durable des effectifs DSPOM, à la hauteur d’une mission de pilotage interrégional.
  • Renfort du pôle ACP / surveillance électronique, avec un objectif clair : mettre fin aux organisations d’isolement nocturne et redonner une marge opérationnelle réelle.
  • Ouverture des postes et comblement des vacances, avec une politique cohérente de recrutement et de fidélisation (sinon, on organise la pénurie).
  • Reconnaissance des sujétions particulières et de la charge réelle : 24h/24, décalages horaires, pression sécuritaire, technicité, continuité de service…
  • Stop à l’Outre-mer « variable d’ajustement » : la pénitentiaire ultramarine mérite une administration à la hauteur de ses enjeux, et cela commence par son pilotage.

Outre-mer : loin des yeux, loin des moyens… jusque dans sa direction !

DSPOM sous-dotée = Outre-mer pénalisé. C’est mécanique…

Alexandre VISSOUVANADIN

Secrétaire National

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