L’Union Régionale UFAP de Dijon était en visite à la Maison d’Arrêt de Blois ce jeudi 9 avril 2026. Un établissement en passe de devenir un centre socio-culturel destiné à la population pénale et à leurs enfants sous l’impulsion de son Chef d’établissement.
A l’heure où l’on empile les missions sur le dos de personnels de moins en moins nombreux (ESP, fouilles XXL, surpopulation) et que notre organisation syndicale se bat pour réduire le volume des tâches imposées aux agents, comment rester stoïque devant la bien trop grasse compilation d’activités à destination de la population pénale et de leurs proches comme si ça ne suffisait pas !
La Direction organise ses activités clowneries, médiation animale ou autres pizzas en parallèle des services d’Insertion et de probation en sacrifiant ce qui reste de budget et des conditions de travail de ses agents !
Fort d’un taux de surencombrement de 190%, la structure continue de fonctionner grâce à la dévotion des personnels, très attachés à leur structure, et de leurs gradés qui ne ménagent pas leur présence en détention.
Nos camarades suffoquent pour absorber de lourdes carences en ressources humaines qui interrogent. Pourquoi cet établissement a perdu son attractivité au fil du temps, et pourquoi les volontés de départ s’accumulent ? Une enquête relative aux risques psycho-sociaux mettrait à coup sûr en évidence certains dysfonctionnement qu’il nous a été facile d’identifier de prime abord.
L’encadrement de proximité est littéralement usé par l’astreinte 98 qui, compte tenu de l’activité locale (arrivants, extractions, incidents), prive les Brigadiers Chefs Encadrement et Majors d’un temps de repos conséquent entre chaque service. Il n’est pas rare que ceux-ci quittent l’établissement tard dans la nuit après un service de 12h et en enchaînent un autre quelques heures plus tard. Notre organisation syndicale exige l’abrogation de ce régime d’un autre temps !
La visite de la structure a aussi été l’occasion d’apprécier le pauvre état d’avancement du surveillant acteur qui se résume aujourd’hui à la création d’une équipe autonome qui n’a aucun temps dédié à la réalisation des audiences (toutes concentrées au QA) ou à l’évaluation des personnes détenues. Les planificateurs rencontrent des difficultés et doivent être formés à la réalisation des services tout comme ils doivent se voir rétribuer pour leur travail en la matière.
La Direction, lors de notre rencontre, a mis en avant des problèmes liés aux pratiques professionnels des agents et à plusieurs incidents qui nécessitent une surveillance constante (et bienveillante ?) dès lors qu’une alarme retentit. Il serait sûrement plus constructif de s’employer à la mise en place du socle commun de formation toutes les semaines même si c’est aux dépend de l’apprentissage de la cuisine avec des herbes sauvages.
La situation n’est guère meilleure du côté des personnels administratifs qui empilent la responsabilité de plusieurs services et même la gestion des réservations des parloirs ou des permis de visite. Une situation inacceptable puisqu’ils n’ont pas vocation à absorber les carences de ces services.
Le Directeur Interrégionale ne doit pas se contenter d’observer et d’en tirer du positif mais plutôt reprendre la main afin d’accompagner et donner les moyens que cette structure mérite, tout en rappelant à la Direction locale que la seule priorité qui compte est la préservation des conditions de travail de ses personnels et pas les spectacles de magie.
Pour l’Union Régionale UFAP de Dijon
Le secrétaire général Le secrétaire général adjoint
R. Bernier F. Chauvet