Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

MAISON D’ARRÊT SAINT-MARTIN : UN PROJET A LA HAUTEUR DES ENJEUX !

Pantin, le 17 avril 2026

Suite à l’annonce du Ministre de la Justice concernant la construction d’un établissement pénitentiaire à Saint- Martin, une délégation UFAP UNSa Justice composée d’Alexandre CABY Secrétaire Général UFAP UNSa Justice), Jean-François FORGET (Secrétaire général UNSa Justice), Jean-Jacques RACAMY (Secrétaire général UFAP UNSa Justice Guadeloupe) a été reçue le 15 avril par les conseillers du ministre, M. Anthony BROUSSILLON, conseiller libertés publiques et outre- mer, ainsi que le conseiller pénitentiaire et le conseiller budgétaire et immobilier du garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Gérald
Darmanin.


Lors de cette audience, la chancellerie s’est montrée attentive à nos revendications et a confirmé suivre de près l’évolution du projet.
Un retour est attendu dès la semaine prochaine avec l’APIJ concernant l’étude de viabilité foncière.
L’UFAP UNSa Justice a porté des exigences précises et responsables :

  • Obtenir une vision claire de l’avancée opérationnelle du projet ;
  • S’assurer de la viabilité du foncier retenu (contraintes climatiques, environnementales et
    techniques) ;
  • Adapter la capacité de l’établissement aux besoins réels et évolutifs du territoire ;
  • Intégrer un volet immobilier pour les personnels, condition indispensable à l’attractivité et à la
    fidélisation des agents…
    La création d’une maison d’arrêt sur le territoire répond à une situation préoccupante :
  • Plus de 90 détenus originaires de Saint-Martin actuellement incarcérés en Guadeloupe ;
  • Une surcharge des établissements pénitentiaires guadeloupéens.
  • Un éloignement pénalisant pour les familles, la réinsertion et le suivi judiciaire ;
    Ce projet est donc essentiel pour améliorer les conditions de travail des personnels, renforcer la sécurité
    publique et rapprocher les détenus de leur territoire.

Le projet initial, qui prévoit une structure modulaire de 50 à 60 places, est totalement inacceptable au regard des besoins actuels déjà proches de 90 places et en constante augmentation, et conduirait inévitablement à une suroccupation dès l’ouverture, à une dégradation rapide des conditions de détention ainsi qu’à une pression accrue sur les personnels.
Notre exigence est claire : la réalisation d’un établissement d’au minimum 100 places, avec une réévaluation du projet permettant d’anticiper les besoins futurs, d’intégrer des quartiers spécifiques pour les femmes et les mineurs, et de garantir une conception évolutive et adaptable dans le temps.
À défaut, ne pas intégrer ces éléments constituerait une erreur stratégique majeure, entraînant des
transferts coûteux vers la Guadeloupe et une perte de cohérence dans la prise en charge pénitentiaire.
Le projet est donc à l’étude sur le plan foncier, avec un terrain situé en hauteur ainsi qu’un second site, celui de l’ancien collège « Soualiga », actuellement à l’analyse, tandis que persistent de nombreuses questions liées aux risques cycloniques, aux inondations, aux phénomènes de sargasses et à l’acceptabilité par la population, amenant l’UFAP UNSa Justice à maintenir une vigilance accrue sur l’ensemble de ces enjeux essentiels.


Par ailleurs, les choix techniques doivent faire l’objet d’une attention particulière, notamment dans
l’hypothèse d’une construction modulaire, ce qui implique une adaptation aux réalités climatiques locales, le recours à des entreprises maîtrisant le territoire et une vigilance renforcée quant aux orientations de l’APIJ, parfois inadaptées aux spécificités des outre-mer.


Les conditions de travail doivent être au cœur du projet, car aucun établissement ne peut fonctionner sans des personnels stabilisés, ce qui implique la mise en place de logements pour les agents, d’une offre de transport adaptée et d’infrastructures garantissant sécurité et qualité de vie au travail.
L’absence de ces garanties entraînerait inévitablement des difficultés de recrutement, un turn-over important et une dégradation des conditions de travail.
L’UFAP UNSa Justice affirme une vigilance constante en soutenant pleinement la création de cet

établissement qu’elle porte depuis longtemps, tout en refusant fermement tout projet bâclé ou sous-
dimensionné et en défendant un projet ambitieux, réaliste et adapté aux besoins du territoire.

Notre engagement est total : nous continuerons à porter vos revendications, à exiger des garanties
concrètes et à suivre de près chaque étape du projet afin de garantir sa réussite pour le territoire, pour les personnels et pour le service public pénitentiaire.

Le secrétaire Général,
Alexandre CABY

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