Le mardi 28 avril 2026
À la suite de l’appel national de notre organisation syndicale, un mouvement de blocage a été organisé au sein de l’établissement ce lundi 27 avril 2026. Ce mouvement, largement suivi, a réuni l’ensemble des corps et des grades : personnels de surveillance, administratifs, techniques, agents du SPIP… Une mobilisation exemplaire, fondée sur la solidarité et la défense de nos conditions de travail.
Cependant, il apparaît que cette solidarité n’est pas partagée par tous. Nous avons en effet appris qu’à l’issue du mouvement, une responsable du SPIP 58 a décidé de dépêcher un CPIP afin d’assurer les audiences prévues. Ce choix, présenté comme une urgence, révèle surtout une hiérarchie de priorités qui interroge profondément. Alors que nous alertons depuis des mois sur la dégradation de nos conditions de travail, sur les agressions, sur la surpopulation pénale et sur l’épuisement des équipes, certains semblent ne percevoir que la continuité administrative, sans considération pour la réalité quotidienne vécue par les agents.
Ce type de décision contribue à creuser un fossé regrettable entre des services qui devraient pourtant œuvrer de concert. Contrairement à certaines idées reçues, ce ne sont ni les personnels de surveillance ni les CPIP qui peinent à travailler ensemble, mais bien certaines orientations hiérarchiques qui instaurent des barrières artificielles et contre-productives.
La charge de travail, qui augmente de manière exponentielle dans nos détentions, entraîne mécaniquement une hausse du nombre de dossiers suivis par les agents du SPIP en mixte. Cette inflation réduit l’attention individuelle que chaque situation devrait recevoir et fragilise l’ensemble de la chaîne pénitentiaire. Nos revendications concernent donc l’ensemble de la maison pénitentiaire : il est urgent de la consolider plutôt que de l’affaiblir par des décisions unilatérales ou des postures d’autorité malvenues.
L’époque du « chacun pour soi » est révolue. Que cela plaise ou non, nous travaillons tous dans la même institution, et c’est ensemble que nous sommes les plus forts. Qu’on se rassure, sur le terrain, les personnels tous corps confondus continuent de coopérer et de tenir la ligne avec professionnalisme et détermination.
À celles et ceux qui peinent à reconnaître la valeur du travail accompli dans l’ombre, nous rappelons que la transparence, la coopération et la solidarité sont inhérentes à leurs responsabilités. Il est temps de laisser entrer la lumière, non pour s’en attribuer le mérite, mais pour reconnaître l’engagement quotidien de celles et ceux qui assurent, chaque jour, la continuité du service public pénitentiaire.
Quand on crache en l’air, cela finit toujours par vous retomber sur la gueule…
Le bureau local