L’action menée ce lundi 27 avril pourrait, à première vue, sembler éloignée de nos réalités locales,
comme si elle ne concernait que les maisons d’arrêt.
Ce serait une erreur.
Car les conséquences de cette crise, nous les subissons également, directement ou indirectement.
Un établissement à 100 % d’occupation, c’est aussi l’absence totale de marge de manœuvre : plus de
cellule tampon, moins de souplesse dans la gestion du respecto et du différencié, un quartier
arrivants sous tension permanente.
À travers cette évolution, la vocation première de notre établissement s’efface peu à peu. Nous ne
sommes plus simplement un centre de détention ; nous devenons progressivement un sas de
décongestion des maisons d’arrêt, avec une population pénale de passage, instable, et des prises en
charge toujours plus contraintes.
Oui, au regard de certaines situations, nous savons que notre structure reste encore préservée. Mais
cette réalité ne doit ni nous aveugler, ni nous diviser.
Parce qu’aujourd’hui, c’est bien l’avenir de notre profession, de nos conditions de travail et du sens
même de nos missions qui est en jeu.
Pour la DGAP, la logique semble désormais claire : il n’y aurait plus de différence entre centre de
détention et maison d’arrêt, seulement des flux à absorber et des ressources humaines à répartir.
Mais nous, UFAP Neuvic, refusons d’être réduits à de simples variables d’ajustement. Car une ressource, dans cette logique administrative, s’exploite.
Et soyons lucides : lorsque viendra le temps de combler les points chauds en effectifs, ce ne sont
pas les établissements les plus dociles, les plus stables ou les moins exposés qui seront la priorité.
L’annonce des postes ouverts à la mobilité a déjà donné le ton. L’été qui approche pourrait bien en
être la confirmation.
Plus que jamais, la solidarité entre personnels doit primer sur l’isolement. Nos combats ne sont pas
sectoriels : ils sont communs. Ne laissons pas l’individualisme fragiliser ce que l’unité peut encore
défendre.