Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

Maison d’arrêt de BAYONNE, MODE DÉGRADÉ : JUSQU’À QUAND ?

Dans la nuit du 29 au 30 mai 2026, les personnels de la Maison d’arrêt ont une nouvelle fois démontré leur professionnalisme face à une succession d’événements graves survenus dans un contexte de sous-effectif et de mode dégradé.

À peine le service de jour quitté, les agents ont dû gérer simultanément l’arrivée d’un nouvel écrou, une urgence médicale vitale nécessitant l’intervention des pompiers, du SAMU et de l’officier de permanence, ainsi qu’un détenu en crise suicidaire. Une situation exceptionnelle qui a mis sous tension l’ensemble de l’établissement et qui illustre une fois de plus les dangers d’un fonctionnement dégradé devenu beaucoup trop fréquent.

L’état de santé du détenu diabétique a nécessité son transfert en urgence vers l’hôpital de Bayonne. En raison du « mode dégradé » et du manque chronique d’effectifs, cette extraction a été réalisée avec seulement deux agents pénitentiaires, alors même que le détenu était classé en escorte de niveau 2, une organisation en totale contradiction avec la note de la DGAP du 16 mars 2026, qui prévoit pour une escorte de niveau 2 un effectif de trois agents ainsi que l’utilisation d’une ceinture abdominale.

Face à cette situation et afin de garantir un minimum de sécurité, les services de police, pourtant eux-mêmes confrontés à des difficultés d’effectifs, ont dû mobiliser un équipage de la BAC pour accompagner l’escorte.

C’est une nouvelle illustration des dérives engendrées par un fonctionnement en mode dégradé devenu permanent, au détriment de la sécurité des personnels et de l’ensemble de l’établissement.

Pendant ce temps, l’arrivant demeurait seul prés de deux heures dans la salle d’attente au greffe. Son écrou n’a pu être réalisé qu’avec l’officier de permanence et la seule collègue présente en détention.

Conséquence directe du sous-effectif : durant près de trente minutes, aucune surveillance caméra ni surveillance effective de la détention n’a pu être assurée.

Heureusement, aucun incident majeur n’est venu aggraver davantage une situation déjà extrêmement dégradée.

Cette nuit démontre une fois de plus les limites d’un fonctionnement devenu trop souvent la norme : le mode dégradé.

À force de travailler avec des effectifs réduits, sans agent à certains postes essentiels, avec des missions qui s’accumulent et des imprévus toujours plus nombreux, la sécurité des personnels, des intervenants et de l’établissement est directement mise en danger.

Depuis plusieurs jours, l’US et les fouilles fonctionnent sans les effectifs nécessaires. À cela s’ajoutent les travaux à la porte piétons et un bagage à rayons X hors service, alors que l’activité, elle, continue d’être maintenue coûte que coûte.

L’UFAP-UNSa Justice dénonce avec force ce recours permanent au mode dégradé qui ne peut plus être considéré comme une organisation normale du service.

Les personnels ne peuvent pas continuer à compenser indéfiniment les manques d’effectifs au détriment de leur sécurité et de leurs conditions de travail.

  • L’UFAP-UNSa Justice exige le transfert immédiat du détenu diabétique qui a causé plusieurs difficultés.
  • L’UFAP-UNSa Justice félicite l’ensemble du personnel présent et demande le renforcement rapide des effectifs ;

Le bureau local es agents ont tenu cette nuit. Mais jusqu’à quand l’administration continuera-t-elle à faire reposer la sécurité de l’établissement sur leur seul sens du devoir ?

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