Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

LE SPS DÉCOUVRE LES BUREAUX…MAIS PAS LES PERSONNELS QUI Y TRAVAILLENT

Dans son tract régional daté du 1er juin 2026, intitulé “LA DISP CAVIAR : LE MÉPRIS EN 1 000 M²”, le SPS-CEA a choisi la caricature, l’outrance et la division. Derrière un titre racoleur et des slogans faciles, ce tract attaque frontalement l’extension des locaux de la DISP Marseille, comme si les personnels qui y travaillent étaient des privilégiés installés dans le confort, loin des réalités de l’administration pénitentiaire.

Cette présentation est absurde, hypocrite et profondément méprisante.

La réalité, c’est que les bureaux de la DISP Marseille sont eux aussi occupés par des personnels de l’administration pénitentiaire. Des personnels qui travaillent parfois dans des algécos, parfois entassés à quatre dans des bureaux prévus pour deux, parfois dans des locaux inadaptés, saturés ou vieillissants.

La DISP Marseille n’accueille pas de détenus, c’est un fait. Mais elle fait partie intégrante de l’administration pénitentiaire. Elle participe au fonctionnement des établissements, au suivi des dossiers, à la gestion des ressources humaines, de la paye, des budgets, des travaux, de la sécurité, de la logistique et de l’ensemble des sujets qui permettent aux structures de tenir debout au quotidien.

Alors non !! Améliorer les conditions de travail des agents de la DISP marseille n’est pas une honte.

Non !! Réorganiser des locaux saturés n’est pas du “caviar”.

Non !! Les personnels qui travaillent “derrière les bureaux” ne sont pas des moins que rien.

Quand le SPS écrit fièrement : “Le syndicat qui défend les personnels qui travaillent derrière les murs, pas derrière les bureaux”, il ne critique plus seulement un projet immobilier. Il exclut volontairement toute une partie des personnels de l’administration pénitentiaire.

C’est une phrase grave et discriminante qui oppose les personnels entre eux. Elle résume parfaitement le problème de ce syndicat mono-catégoriel qui a une vision fermée, corporatiste, sans ouverture d’esprit et qui finit par considérer que seuls certains personnels méritent d’être défendus. À l’UFAP UNSa Justice, nous ne partageons pas cette logique. 

Oui, les établissements pénitentiaires manquent de moyens. 

Oui, les détentions sont en grande difficulté. 

Oui, les personnels de surveillance subissent la surpopulation, l’insécurité, les sous-effectifs et la dégradation constante de leurs conditions de travail. 

Mais utiliser cette réalité pour dénigrer d’autres personnels est indigne. Le combat syndical sérieux ne consiste pas à réclamer moins pour les uns. Il consiste à obtenir plus pour tous. 

Contrairement à ce que le SPS laisse entendre avec ses dessins caricaturaux de directeurs bedonnants au champagne, l’extension des locaux de la DISP Marseille ne concerne pas les « suites » des directeurs interrégionaux.. Cette opération concerne en priorité les espaces de travail pour des agents qui, eux aussi, ont droit à des conditions dignes. Mais le SPS préfère les raccourcis populistes aux réalités de terrain. C’est tellement plus simple de dessiner un gros bonhomme en costume que de s’informer sur qui occupe réellement ces bureaux. Gardez votre fantasme des “salons” et du “caviar” pour vos petites soirées entre amis. 

Le SPS vient « de temps à autre » (quand ça les arrange) participer aux instances interrégionales bien sagement assis sur leur chaise. Quand il s’agit de dialogue social, ses représentants savent très  bien s’asseoir autour de table, bien au chaud, avec leur café. Mais à quand une vraie visite dans nos bureaux ? 

À quand un regard honnête sur nos conditions de travail, sur les algécos, les bureaux surchargés, les agents entassés et la réalité quotidienne des personnels de la DISP Marseille ? 

Qu’ils viennent dire en face aux agents concernés qu’ils ne méritent pas d’amélioration. Qu’ils viennent assumer leur slogan devant les collègues qu’ils méprisent. 

Opposer les établissements à la DISP Marseille, les détentions aux bureaux, les surveillants aux administratifs, c’est faire le jeu d’une administration qui n’a même plus besoin de diviser les agents puisque certains s’en chargent à leur place. 

Derrière chaque mur, il y a des agents. 

Derrière chaque bureau aussi !! 

Marseille, le 05 juin 2026 

Le bureau local UFAP UNSa Justice de la DISP Marseille

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