Audience du 10/03/2016 auprès du Garde des Sceaux

Monsieur le Garde des Sceaux

Le bureau local UFAP UNSA Justice du SPIP de Fleury souhaite attirer votre attention sur les difficultés rencontrées par l’ensemble de la filière Insertion Probation, et plus particulièrement, par les personnels de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis.

En effet, Monsieur le Ministre, vous n’êtes pas sans savoir qu’il ne vous reste que 14 mois pour donner aux 103 SPIP de France la place qu’ils méritent.

De ce fait, l’UFAP-UNSa Justice du SPIP de Fleury souhaite porter à votre connaissance un certain nombre de points ayant un impact sur notre travail au quotidien :

  • –  LA CHARGE DE TRAVAIL EXPONENTIELLE DES PERSONNELS : Aujourd’hui les

    personnels du SPIP de la maison d’arrêt de Fleury Mérogis doivent faire face à un turn-over approchant les 10000 détenus par an, soit en moyenne 188 dossiers par an et par agent. Alors que les REP prévoient un quota de 50 dossiers par agent les CPIP de certains bâtiments gèrent jusqu’à 100 dossiers chacun.

  • –  LE DESASTRE DE LA PRE-AFFECTATION : Le SPIP de la maison d’arrêt de Fleury Mérogis doit également faire face chaque année à un turn-over de ses agents. Ainsi, en 2015, 26 titulaires ont obtenu leur mutation entraînant le renouvellement de la moitié de l’effectif par des pré-affectés. Cette réalité entraîne une souffrance chez l’ensemble des personnels. Les CPIP titulaires se retrouvent ainsi, pour certains, à devoir prendre en charge jusqu’à 3 stagiaires chacun, en plus de leur charge de travail.
  • –  L’ACCOISSEMENT DES RISQUES PSYCHO-SOCIAUX : Face à des conditions de travail qui ne cessent de se durcir, à des missions en constante évolution, force est de constater qu’aucuns moyens supplémentaires ne nous sont accordés.
    Chaque semaine, les agents du SPIP cumulent les heures supplémentaires afin de remplir leurs missions au détriment de leur vie personnelle.

    A l’heure où la question des risques psycho-sociaux apparaît comme étant au cœur des préoccupations de l’administration, faut-il attendre un drame pour être enfin entendu ?

    Est-il acceptable que certains collègues restent au service jusqu’à 20h30 alors que la charte des temps ne les y autorise que jusqu’à 18h30 ?

    De voir certains personnels craquer physiquement et/ou psychiquement face au stress engendré par leur travail ?

    L’administration ne peut pas continuer à demander toujours plus à ses agents sans aucune contrepartie.

    En effet, malgré le déploiement de 1000 emplois au sein des SPIP, les ravages des années précédentes en matière de recrutement sont toujours là. Force est de constater que compte tenu de l’explosion de nos missions et des départs divers, les CPIP ne seront jamais à 80 dossiers en 2017/2018 comme annoncé par M. LEROY lors du RPOI.

    -LA CREATION DES UNITES DEDIEES : Alors que les conditions humaines rencontrées par le service sont aujourd’hui plus qu’alarmantes, conduisant les professionnels au bord du burn-out, l’administration ne semble pas prendre en considération les signaux d’alerte, continuant sans relâche à multiplier leurs missions.

    Aussi, il est maintenant demandé aux personnels du SPIP de s’inscrire dans l’ouverture des unités dédiées sur l’établissement. Les CPIP doivent-ils continuer à voir leur charge de travail augmenter, au prix de leur santé et de leur vie personnelle ?

    Vous l’aurez compris Monsieur le Ministre, les personnels sont en grande souffrance et au bord de l’implosion.

    A cela se rajoute : LE MEPRIS

    En effet, le 15/12/2015, un nouveau dispositif indemnitaire a été signé, dont les Personnels d’Insertion et de Probation (PIP) ont été exclus. Alors qu’il a été octroyé à plus de 30000 agents un passage de l’ISS de 24 à 25%, les personnels du SPIP sont toujours à 22%.

    Comment cette inégalité de traitement peut-elle se justifier ?

    Il semble pourtant que l’administration sache se rappeler de l’existence des PIP lorsqu’il s’agit de leur présenter un nouveau référentiel, qui augmentera une fois de plus leur charge de travail.

    Au vu des différents points évoqués, l’UFAP-UNSa Jusitce demande pour l’ensemble de la profession :

    • –  L’intégration immédiate de la filière insertion et Probation au sein du nouveau dispositif indemnitaire.
    • –  L’ouverture de négociations concernant une réforme statutaire et indemnitaire en adéquation avec une profession en trop grande souffrance.
    • –  Un plan de recrutement pluriannuel, basé sur des organigrammes de référence et anticipant les futurs départs.
    • –  L’arrêt de la pré-affectation dès la prochaine promotion de CPIP, comme s’y était engagée la DAP.

      A ce titre, et afin que vous teniez pleinement compte de nos revendications, nous vous informons qu’à compter du 11/03/2016, le SPIP de l’ESSONNE se réunira en assemblée générale afin de soutenir les 70 autres SPIP mobilisés et entrera en mouvement syndical.

      Les personnels des SPIP sont depuis trop longtemps les oubliés de cette Administration, cela va cesser !

    La Secrétaire Locale

    A Fleury Mérogis,

    le 10/03/2016

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