Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

Ça fait beaucoup…

Le 18 décembre 2025.

La maison d’arrêt de Vesoul est une petite structure, d’apparence calme, sans problème majeur. Dans les hautes sphères, on dira que tout va bien. Pourtant, la réalité du terrain, pour ceux que certains considèrent comme des “sans-dents” et qui y travaillent chaque jour, est tout autre.

Aujourd’hui, la situation est explosive : 80 détenus pour 43 places, de plus en plus de procédures criminelles, et 7 personnes en semi‑liberté pour 7 places. La semi‑liberté n’a plus rien d’un quartier dédié : faute de place, on bouche les trous, on mélange tout. Résultat : 187 % de surpopulation. Ça fait beaucoup…

Des matelas au sol. Plus de stock. Bientôt des matelas gonflables.

Malgré cela, les acteurs locaux tiennent et continuent de faire leur travail. La fouille sectorielle du 3 décembre, menée avec les forces de sécurité intérieure, une équipe cynophile, Procureur, JAP et 11 personnels pénitentiaires, en est la preuve.

Les résultats, pour seulement 7 cellules fouillées, sont à la fois parlants et inquiétants : 5 smartphones, 16 accessoires électroniques (câbles, chargeurs, enceinte…) et 80 grammes de produits stupéfiants. Ça fait beaucoup…

Le bureau local UFAP UNSA Justice soutient pleinement ce type d’action, félicite et remercie l’ensemble des participants, et met en avant le professionnalisme exemplaire des personnels de la maison d’arrêt de Vesoul, qui, malgré des conditions de travail dégradées, luttent au quotidien en destituant les détenus, depuis le début de l’année, de 205 téléphones et 2 523 grammes de stupéfiants. Ça fait beaucoup pour une petite structure…

Mais plus inquiétant encore, ont également été découverts : des tournevis, des ciseaux à bois, une lame de scie et une corde de 9 mètres. Ça fait vraiment beaucoup…

Il est essentiel de le rappeler : les responsables ne sont ni la direction locale, ni les agents, mais bien les politiques pénales et budgétaires nationales.

La situation actuelle est le résultat direct du délaissement politique et des coupes budgétaires successives. Comment travailler dans des conditions dignes et sécuritaires quand les filets de protection sont dégradés et non réparés, quand les caillebotis sont endommagés mais non remplacés, quand les concertinas tombent au sol faute d’entretien ? Ces dégradations sont connues, signalées, documentées… et pourtant rien ne bouge. Ça fait encore beaucoup…

Faire des économies sur les infrastructures pénitentiaires, c’est jouer avec la sécurité : celle des personnels, celle des détenus, et celle de la population.

Le bureau local UFAP UNSa Justice de Vesoul ne veut pas que les incidents de Dijon arrivent à Vesoul, mais à force d’ignorer les alertes, on s’en rapproche dangereusement.

Le bureau local UFAP UNSa Justice de Vesoul demande :

  • Des transferts rapides.
  • Des moyens à la hauteur des enjeux, des équipements réparés ou remplacés, une politique pénitentiaire responsable et le respect du travail des personnels. Car le jour où l’incident grave surviendra, il sera trop facile de chercher des responsables locaux.

Quand es décisions viennent d’en haut, les conséquences se subissent ici-bas et ça fait beaucoup trop !

Le bureau local UFAP UNSa Justice de la MA VESOUL

Partager :

À voir aussi
Nationale
Régionale

CP Valence: Ils lui sauvent la vie

Le lundi 12 janvier à 14h40, un événement s’est produit au quartier de semi-liberté de Valence, un des pensionnaires a alerté les agents, signalant que

Cliquez-ici pour modifier vos préférences en matière de cookies