lundi 15 juillet , 2019

CDC – L’UFAP-UNSa Justice à la rencontre des Personnels de la D.I de Strasbourg

La semaine du 20 au 24 octobre notre délégation s’est rendue sur le CSL de Briey, les CP de Metz et Nancy-Maxéville (UHSA, UHSI comprise), les CD d’Oermingen, Ecrouves et Toul ainsi que sur les MA de Sarreguemines, Strasbourg et Colmar.

Ces visites ont permis un grand nombre d’échange et les thèmes abordés ont touché bien plus qu’au quotidien des Personnels du Corps de Commandement et encadrants, tout en démontrant que nous restons des acteurs de proximité et de terrain.

Concernant le CSL de Briey, cette structure à dimension humaine et au passage très bien entretenue, mérite une attention particulière en termes d’évolution.

Inquiets par le manque d’intérêts et de moyens (humain et financiers) porté par les DISP voire même la DAP et de la rationalisation économique qui appelle à la fermeture des petites structures afin de privilégier des usines à gaz (où l’humain est relégué au second plan), les Personnels se posent légitiment des questions sur leur avenir et celui de leur structure. Pour preuve, aucune ouverture de poste pour la prochaine CAP alors que deux départs en retraite sont programmés (4-2=2) d’où les questions : Comment faire tourner un service avec 50% de son effectif ? Qui y-at-il derrière cela ? Quelles sont les intentions de nos dirigeants ?

Les Personnels de Briey restent donc dans le questionnement et sur un sentiment d’abandon…

Notre visite s’est poursuivie sur le CP de Metz  où les collègues rencontrés nous ont fait part d’autres problématiques, notamment le grand nombre de projections extérieures et les difficultés de stockage des objets saisis faute de retrait par les forces de l’ordre. Ce problème même s’il est rencontré dans beaucoup d’autres structures, révèle bien d’un mauvais fonctionnement interinstitutionnel.

Aussi, les Officiers de Metz nous ont fait part de leur sentiment face à l’absence de considération et de soutien. Cet isolement est mal ressenti. Ils ont aussi soulevé une surcharge de travail qui les éloigne de plus en plus du cœur de leur métier : la détention. Ceci engendre aussi une plus grande distance avec les Agents. Encore une fois cet effet pervers dégrade la cohésion et les décisions importantes de notre mode hiérarchisé.

Au CP Nancy-Maxéville, nous avons pu échanger avec l’ensemble des Personnels Administratifs et de Surveillance. Un constat s’impose, les Agents (PA) sont en nombre insuffisant et les tâches se multiplient souvent au détriment de leur santé.

Il est incroyable que le support papier soit toujours privilégié malgré l’informatisation. Des évolutions sont nécessaires et nous comptons bien être une force de proposition. Même expérimentales, des solutions doivent être trouvées.

Les Officiers, comme dans les autres structures visitées, font face eux aussi à différents problèmes :

  • Les nombreuses vacances de postes entraînent des difficultés quotidiennes dans l’organisation du service et pèsent sur la gestion de la détention, de la sécurité et la santé de tous. Ils ont le sentiment d’être abandonnés par leur institution
  • Chacun est obligé de pallier les carences. Le fonctionnement actuel a pour conséquence un décalage dans les fonctions des uns et des autres (l’Officier qui fait le travail du gradé, le 1er Surveillant qui fait le travail du surveillant…) et alimente de fait un surcroît de travail.
  • Leurs inquiétudes quant à leur avenir propre (réforme, effectifs, logement de fonction, astreintes, article 10, IFO) sont polluées par des discours parasites (un jour absence de réforme et le lendemain une tardive ou approche de discussions …). Tous sont unanimes, ils veulent une réforme statutaire et indemnitaire digne de ce nom.

Dans tous les cas, l’UFAP-UNSa Justice a fait savoir qu’elle continuera à se battre pour le bien de tous et dans l’intérêt commun et, ira coûte que coûte chercher cette réforme !

Quant aux Collègues des UHSI-UHSA de Nancy, ils multiplient les missions n’hésitant pas à prêter main forte à leurs Collègues du CP, bien qu’ils soient impactés de plein fouet par l’accumulation des heures supplémentaires et le manque de Personnels. Cela entraîne l’inadmissible mode dégradé qui oblige des fermetures de postes pour soi-disant assurer des repos aux Agents.

Nous parlons encore de fatigue physique et psychologique, ainsi que du manque de reconnaissance de l’administration. Nos décideurs ne peuvent plus cacher leur volonté de diminuer les heures supplémentaires sans apport d’effectifs supplémentaires. La logique  schizophrène de nos dirigeants qui sont bien loin des problèmes du terrain, met de plus en plus les structures et les Agents en danger.

Les événements survenus le vendredi 24 octobre 2014 dans cette structure nous donnent hélas raison ! Les Personnels ont payé le prix de cette errance économico-fonctionnelle délirante. Nous profitons pour apporter tout notre soutien aux Personnels et un prompt rétablissement aux Agents touchés.

L’UFAP-UNSa Justice Corps de Commandement l’affirme : elle ne laissera pas faire et n’attendra pas un drame pour agir !

Les visites de Toul et Ecrouves n’ont pas eu lieu dans le sens que littéral du mot visite. Ces deux établissements sont dans leurs fonctionnements plus qu’atypiques et dépassent tout entendement en termes de mode hiérarchique.

Le CD d’Ecrouves, comme déjà évoqué il y a plusieurs mois, mérite l’apport d’un Officier supplémentaire. Doté d’un effectif de trois Officiers sur 4 théorique, cet établissement souffre d’un turnover important. Cela oblige les Majors à garantir la continuité de service à l’établissement les week-ends. Sachant que les priorités de l’AP ne sont pas la remise à plat des effectifs. Par cette absence de volonté Ecrouves gardera malheureusement ce handicap.

Au CD de Toul, nous sommes allés au chevet d’un de nos camarades qui excédé par l’attitude de la direction et de certains de ses « collègues » a pété les plombs.

La réponse administrative à cette défaillance psychologique et morale lui vaut une interdiction d’accès, un dépôt de plainte et deux demandes d’explications, rien que ça… Pour ce qui est de sa santé, ils s’en contre-foutent. Alors oui aller discuter avec lui, l’aider dans ses démarches et lui apporter notre soutien valait mieux que de rencontrer quelques serviteurs zélés géographiquement placés près des régents à l’extérieur de la détention et qui n’ont d’autres intentions que leur carrière.

Alors prompt rétablissement Philippe et bon courage à tous les Personnels de cet établissement qui subissent cette politique féodale dégueulasse.

Le CD d’Oermingen, est soumis à un turnover important concernant l’effectif des Officiers. Cependant, L’UFAP-UNSa Justice ne peut que soutenir la jeune équipe en place qui doit faire face à la fois à la spécificité de la structure et à une atmosphère particulière issue de tensions entre une organisation professionnelle et la direction. L’ambiance actuelle s’appuie sur une absence totale de dialogue, qui rend le quotidien difficile (service des agents, cohésion etc..), mettant de fait l’ensemble des acteurs de ce site en difficulté ainsi que son fonctionnement. 

Le climat de la Maison d’Arrêt de Sarreguemines est très tendu entre les Agents et le chef d’établissement. Cet état de fait montre que pendant des années le management a été opéré de manière décalée.

Cette structure bien entretenue grâce aux professionnels de la détention que sont les Surveillants, mérite une issue objective et cela ne pourra se faire que lorsque chacun aura hiérarchiquement repris sa place et remis en pratique l’exercice du respect mutuel.

La dernière journée nous nous sommes dirigés à la MA de Strasbourg.

Là encore les mêmes problématiques de sous-effectifs, d’organisation de travail, d’heures supplémentaires, de manque de soutien et de reconnaissance. Mais il y a un plus à Strasbourg : Mis à part un personnel de direction, tous fuient leurs responsabilités, mais se garantissent une gestion de leur carrière sur le dos des Personnels.

Alors entre ces pseudos responsables adeptes des chaises musicales et quelques aboyeurs de criée, les Personnels ont bien du courage afin que la structure fonctionne encore. Il ne tient qu’à eux de changer leur quotidien en votant autrement que pour des illusionnistes et en faisant changer les têtes de cette maison.

Colmar, nous avons donc terminé agréablement par cette MA. En effet, cet établissement et ses Personnels sont victimes de tous les maux de la pénitentiaire. Etonnamment depuis l’arrivée du nouveau CMA et le renfort de l’adjointe de la MA de Lure (dont on connaît malheureusement le triste sort) ont permis une reprise de l’établissement et les Personnels bien qu’ils manquent de tout vivent un peu mieux le quotidien et leurs missions.

Etonnant de finir sur une note positive dans un établissement oublié de tous, mais cela révèle que de bons positionnements suffisent à ramener la cohérence et l’ordre même si l’on sait qu’il reste toutefois fragile.

Pour conclure, l’UFAP-UNSa Justice exige de nos hiérarques qu’ils démontrent à ceux qui tiennent les établissements à bout de bras une considération professionnelle par des actes forts et non par des promesses !

L’UFAP-UNSa Justice, continue à apporter son soutien indéfectible à tous les acteurs de terrain que sont les Personnels Pénitentiaires de tous corps et grades confondus, et confirme qu’elle sera toujours à leurs côtés dans l’intérêt commun.

141105 – CDC – Rencontre avec les Personnels de la DI Strasbourg

 

 

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