Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

Centre Détention de NEUVIC : Des alertes ignorées, des agents exposés

Ce jeudi 8 janvier, en l’absence de directives claires et de consignes opérationnelles, l’établissement est une nouvelle fois passé à deux doigts d’un incident majeur, comparable à celui d’Aix, avec des agents en incapacité de poursuivre leur mission. Seul le sang-froid et le professionnalisme d’une surveillante, ayant évalué le danger et alerté immédiatement, ont permis d’éviter le pire. Cette situation a néanmoins fortement impacté les agents, confrontés à un détenu au lourd dossier psychiatrique, pourtant connu des services.

Après une journée particulièrement tendue, cet individu C. a obstrué l’œilleton et barricadé l’entrée de sa cellule, manifestant sa volonté d’en découdre. Une équipe d’agents équipée est intervenue pour mettre fin à l’incident. Lors de l’intervention, le détenu a fait preuve d’une violence extrême, blessant grièvement un agent au visage, avec une tentative de mutilation en essayant d’arracher la joue de notre collègue.

Résultat de l’incident : 8 jours d’ITT, sans compter l’impact psychologique sur les personnels engagés.

Toutefois, nous exprimons une vive inquiétude quant aux prémices de cette intervention. Les consignes données par le chef de bâtiment étaient-elles réellement adaptées à la situation ? Que se serait-il passé si deux agents non équipés avaient ouvert la porte, comme le prévoyait la mesure mise en place, alors même que le caractère prémédité de l’action du détenu était clairement établi par les CRI ? Pour nous, il s’agit clairement d’une mise en danger des agents.

Nous saluons le professionnalisme exemplaire de la Major qui a dirigé l’intervention.

Les récents incidents survenus au sein de l’établissement mettent une nouvelle fois en évidence la fragilité de l’équilibre que les agents pénitentiaires s’emploient à maintenir chaque jour dans l’exercice de leurs missions. Le nombre de personnes détenues présentant des pathologies psychiatriques est en constante augmentation. À ce jour, l’établissement ne dispose toujours pas de médecin psychiatre, laissant l’équipe médicale gérer une situation extrêmement complexe et précaire. Il convient de rappeler que les personnels pénitentiaires ne sont ni formés ni missionnés pour prendre en charge ce type de profils. Peut-on d’ailleurs réellement l’être face à de telles situations ? Faut-il continuer à ignorer une réalité pourtant évidente et dangereuse pour les agents ?

La direction de l’établissement de Neuvic n’a communiqué aucun élément préalable concernant le détenu au profil psychiatrique concerné. Les agents ont ainsi été confrontés à la situation sans information ni anticipation, contraints d’agir dans l’urgence, au péril de leur intégrité physique. Messieurs les Directeurs, la communication avec vos agents n’est pas une option mais une obligation. Vous leur devez protection.

Le bureau local UFAP appelle l’ensemble des personnels à la plus grande prudence et vigilance. Il invite également les agents à faire remonter systématiquement tous les problèmes et dysfonctionnements constatés au chef de détention ou à son adjoint.

Le bureau local UFAP exige le transfert de ce détenu à l’issue de sa sanction disciplinaire, même si nous savons que son remplacement pourrait s’accompagner de l’arrivée d’un individu au profil potentiellement plus dangereux.

Enfin, le bureau local UFAP adresse tout son soutien à l’agent blessé lors de cette intervention et lui souhaite un prompt rétablissement, en l’encourageant à prendre le temps nécessaire pour se remettre pleinement de cette agression.

Le 12/01/2026

L’UFAP UNSa Justice

CD Neuvic

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