Vendredi matin, alors que le médecin se rend au quartier disciplinaire suite aux plaintes d’un détenu concernant sa main, il comprend rapidement que celui-ci simule et décide de mettre fin à la consultation.
Lors de la sortie du quartier disciplinaire, et alors que le docteur lui tourne le dos, le détenu tente soudainement de se jeter sur lui.
Le gradé QI/QD et l’agent du QD s’interposent immédiatement pour éviter que le médecin soit agressé. En le maîtrisant au sol, le détenu se met alors à tenter littéralement de broyer l’avant-bras de notre collègue en le mordant avec la volonté claire de provoquer des dégats. Notre autre collègue, quant à lui, reçoit un coup de poing en plein visage, au niveau du nez.
Il a fallu l’intervention rapide des autres agents pour parvenir à contrôler cet individu devenu totalement incontrôlable.
Les semaines se suivent et malheureusement se ressemblent : toujours les mêmes profils extrêmement difficiles que nous dénonçons sans relâche. Ces détenus ingérables, que personne ne veut et qui se retrouvent dans nos coursives, représentent un danger constant.
Nous le répétons une nouvelle fois : nos agents ne sont pas formés ni équipés pour gérer de tels profils, relevant clairement de la psychiatrie lourde.
Encore une fois, nous posons la question : quand l’administration se décidera-t-elle enfin à ouvrir des structures réellement adaptées à ces personnes, dont la dangerosité n’a rien à envier à certains profils de la criminalité organisée, avec en prime une instabilité majeure ?
En attendant, ce sont encore deux collègues supplémentaires qui viennent d’être victimes d’agressions. Dont un, rappelons-le, gravement blessé.
Le bureau local souhaite un prompt rétablissement à nos collègues touchés physiquement et psychologiquement. Vous n’êtes pas seuls : nous restons pleinement disponibles pour vous soutenir et vous accompagner dans toutes vos démarches.
L’UFAP UNSa Justice demande que ces agents soient officiellement récompensés pour leur acte de courage et de sang-froid, qui a permis d’éviter une situation qui aurait pu être bien plus dramatique.
L’UFAP UNSa Justice rappelle que dans son projet QD/QI, le travail en brigade figurait parmi ses revendications prioritaires : pour chaque ouverture au QD ou au QI, il est indispensable d’avoir au minimum 2 agents + 1 gradé, afin d’assurer un niveau de sécurité cohérent avec les risques.
À la suite de l’incident, le détenu a été immédiatement placé en garde à vue. Il passera en comparution immédiate et sera transféré très rapidement. Le bureau local attend de la justice une réponse ferme et exemplaire, à la hauteur de l’agression subie par nos collègues.
Le secrétaire local.