Chronique d’une mort annoncée – MC Clairvaux

Le bureau local UFAP-UNSa Justice souhaite au travers des lignes qui vont suivre décrire l’état d’esprit qui règne aujourd’hui au sien de la maison centrale de Clairvaux.

La fermeture annoncée du site, dans une logique purement comptable, inscrit notre structure dans la faillite.

Face à la mort annoncée, à la destruction de notre outil de travail nous avons décidé de RESISTER.

L’Histoire

La maison centrale de Clairvaux est un établissement pour peines (longues peines) établi sur le site de l’abbaye de Clairvaux depuis 1804 et dont les vestiges datent de 1115. Cette abbaye a été établie sur l’œuvre de Bernard de Clairvaux et appartient à la culture cistercienne.

Transformée en établissement pénitentiaire, la structure devient l’une des prisons les plus sécuritaires de France.

Au cours de ses plus de 210 ans d’histoire pénitentiaire, la maison centrale de Clairvaux a traversé le temps et a toujours su s’adapter et évoluer.

Quelques dates importantes :

  • 1804, rachat de la structure pour la transformer en prison ;
  • 1971, construction des deux bâtiments de l’actuelle maison centrale au sein de laquelle plusieurs mutineries se sont déroulées ;
  • Le 21 septembre 1971, une infirmière et un surveillant sont assassinés au cours d’une prise d’otages organisée par deux détenus (Claude BUFFET et Roger BONTEMS) ;
  • Le 11 septembre 1992, un surveillant est assassiné au cours d’une tentative d’évasion de plusieurs détenus ;
  • 2009, fermeture du premier bâtiment de détention construit au XVIII ème siècle.

Ce patrimoine, en particulier les vestiges de l’abbaye, est devenu également un site touristique fréquenté. L’entretien en est assuré par les personnels pénitentiaires et la main d’œuvre pénale.

Quel avenir pour les personnels et leur famille ?

Les autorités politiques et administratives ne se sont jamais exprimées avec franchise et clarté sur un avenir pour notre structure bien qu’il soit parfaitement envisageable d’y expérimenter d’autres méthodes de prise en charge de la population pénale.

Les agents baralbins sont des habitués des prises d’otage. Pour autant, l’UFAP-UNSa Justice refuse que ce soit par des décisions politiques précipitées avec des répercussions dramatiques sur les familles.

Les élus locaux sont tout aussi dépités que nous. Ensemble, nous n’en resterons pas là !

L’UFAP-UNSa Justice déplore l’absence d’analyse globale relative à l’installation d’un nouvel établissement.

Les fermetures cumulées de la maison centrale de Clairvaux et de la maison d’arrêt de Troyes imposeront une mobilité à près de 280 familles.

Pourquoi cette unique alternative alors que des terrains sont disponibles sur les communes de Ville sous Laferté ou de Vendoeuvre sur Barse ?

L’UFAP-UNSa Justice ne peut résoudre à accepter cette unique solution attendu que le Garde des Sceaux a fait savoir à la représentation nationale, dans l’hémicycle, qu’il était sur ce dossier, comme sur d’autres, à la disposition des organisations syndicales pénitentiaires.

L’UFAP-UNSa Justice invite notre ministre à une réflexion plus large visant à conserver un bassin d’emploi pénitentiaire sur le site claravallien et demande des discussions à brèves échéances afin de définir des alternatives à la fermeture sèche de la structure.

Pour l’UFAP-UNSa Justice, les bâtiments de détention dans lesquels sont hébergés les détenus datent des années 60-70. Ils sont entretenus à hauteur du budget alloué.

Pour l’UFAP-UNSa Justice, la fermeture de la maison centrale s’assimilerait à déchirer du livre de l’histoire de la Pénitentiaire les pages riches et parfois tragiques de cet établissement, et plonger dans l’oubli le sacrifice des Personnels et de leurs familles lors des mutineries ou événements tragiques.

Les personnels de Clairvaux sont fiers de leur histoire et des services rendus tant à leur institution qu’à la Nation et la population.

L’établissement n’est en rien vétuste et dispose du label « Règles Pénitentiaires Européennes ». La maison centrale est un établissement sécuritaire où le savoir-faire des personnels dans la gestion des détenus aux profils particuliers et dangereux n’est plus à prouver.

Les vagues d’attentats tragiques qui ont fait saigner notre République et les décisions politiques en matière de sécurité prouvent que cet établissement est encore aujourd’hui plus utile qu’avant.

L’UFAP-UNSa Justice, fidèle à ses principes, milite depuis 1992 pour la création d’établissements spécialisés à taille humaine accueillant des détenus profilés.

Les personnels de Clairvaux attendent un signe fort de nos politiques.

Les membres du bureau local de la MC Clairvaux

130516 – Chronique d’une mort annoncée – MC Clairvaux

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