mardi 26 janvier , 2021

Copil sécurité ? une implication qui interroge

Auregard des difficultés grandissantes concernant la prévention des violences et en répons e à nos multiples interventions, un COPIL relatif au surencombrement des cellules et à la prévention des projections avait été instauré fin mars 2019.

Le 18 novembre 2019, un premier bilan de ce COPIL permettait d’acter plusieurs décisions dont la partie sécuritaire était issue exclusivement des préconisations de notre organisation syndicale.

Si ce COPIL s’est inscrit dans une bonne dynamique, malheureusement

18 mois après un constat amer s’impose !…

Désencombrement des cellules : un report ad vitam æternam

Concernant ce premier point, la situation est parfaitement claire. A ce jour RIEN N’A ÉTÉ MIS EN PLACE !…

Après de multiples reports et deux appels à candidatures, toujours aucune date de mise en application n’est connue.

Prévention des projections : une situation affligeante

S’agissant de cette thématique, même si les propositions de notre organisation syndicale ont été retenues sur le papier, la réalité est tout autre.

Le 13 mai 2019, lors de la première réunion de ce COPIL, notre organisation syndicale recommandait notamment le remplacement des caillebotis découpés avec comme priorité ceux des sept cellules donnant directement accès aux cours de promenade EST et OUEST. Ces dernières étant signalées comme destinataires lors des remontées de projections par « yoyo ».

Depuis, plus de 30000 euros ont été alloués par la direction interrégionale pour ce chantier qui s’est terminé le 23 novembre dernier.

Nous ne pouvons que constater l’oubli de plusieurs cellules prioritaires. Une fois de plus, ni fait, ni à faire !…

Le 11 juin 2019, une note de service concernant la présence systématique d’un officier en cas de projections dans la zone promenades était publiée (NDS n°183/2019).

Il faudra cependant patienter jusqu’au 6 décembre de la même année pour que cette dernière soit apposée sur le panneau d’affichage des postes concernés.

Cette histoire aurait pu faire partie de la liste des miracles de Saint Nicolas mais cet affichage n’est que la conséquence d’une soudaine constatation forcée du chef d’établissement qui six mois plus tard remarque l’absence de cette note résultant du COPIL. A ce jour, CETTE DERNIÈRE N’EST PAS APPLIQUÉE !…

Cela en dit long sur l’application et le suivi des notes de service.

Lorsque des pluies de projections s’abattent sur les cours de promenade, certains agents se font même rappeler à l’ordre pour avoir fait part de leur mécontentement devant le silence et l’inertie de ceux qui sont censés appliquer cette note de service !…

Résultat : les détenus remontent régulièrement les projections sans être inquiétés.

Le 10 octobre 2019, une note de service concernant la mise à disposition d’un caméscope dans le poste de surveillance des promenades était publiée (NDS n°289/2019).

Des dizaines d’heures de vidéo ont été produites, permettant d’identifier les rôles de chaque détenu impliqué dans la récupération et la répartition des projections ainsi que d’enregistrer les méthodes utilisées.

Ces informations très explicites dévoilent la réalité de ce que sont devenues les cours de promenade dans notre établissement. CES DERNIÈRES N’INTÉRESSENT PERSONNE !…

Aucune vidéo n’a été visualisée… ni par les responsables de la détention ni par l’officier en charge du renseignement pénitentiaire !…

L’exploitation de ces informations aurait sans doute permis d’éviter plusieurs fiascos de fouilles sectorielles.

La banalisation de cette situation par les responsables de la détention, tout comme leurs commentaires lors des découvertes récurrentes d’objets dangereux sur les cours de promenade nous questionnent fortement :

Cutters, couteaux à cran d’arrêt, couteaux suisse…«… pas grave, c’est pour défaire les projections ! »,

Munition 357 Magnum «… pas grave, c’est pour le lestage ! »,

Bombe lacrymogène «… pas grave, c’est pour se protéger entre eux ! ».

Malgré les dernières déclarations de la direction locale concernant la lutte contre les projections avec la mise en place d’une ELSP, l’UFAP UNSa Justice s’interroge sur les réelles motivations de cette dernière et reste dubitative quant à l’implication à venir de la part des responsables de la détention.

Le 03 décembre 2020

L’UFAP UNSa Justice

Bordeaux Gradignan

2020-copil

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