À M. LACOMBRE
Chef d’établissement du Centre Pénitentiaire du Havre
Objet : Situation du Centre Pénitentiaire du HAVRE
Monsieur le chef d’établissement,
L’UFAP UNSa Justice du Centre pénitentiaire du Havre sollicite de votre part, une attention particulière quant à la situation de notre établissement.
Une situation devenue préoccupante depuis plusieurs mois. En effet, l’ambiance délétère qui règne au sein du CPLH résulte principalement de la surcharge de travail rencontrée par l’ensemble des personnels, tous corps et grades confondus.
Les agents encore présents font preuve d’un engagement remarquable, mais ils sont aujourd’hui épuisés, tant physiquement que moralement, en raison d’un manque de considération, des tâches qui sont disproportionnés par rapport aux effectifs disponibles. Et depuis plusieurs semaines, les personnels sont confrontés à une augmentation de la fréquence et de la gravité des agressions physiques. Ces incidents montrent que la situation actuelle dépasse nos capacités opérationnelles à bout de souffle et nécessite des moyens supplémentaires. A ce jour :
• Nous comptons 26 agents du CEA (25 surveillants et 1 BCEN), 5 Administratifs, 4 officiers et 2 moniteurs de sport en moins. • La prise en charge lourde des profils psy demande des moyens humains insuffisants en l’état.
• La mise en place des astreintes ELSP sans charte locale alors que les ESR sont à venir et devraient être anticipées.
• La plus-value quotidienne des ELSP en détention reste aléatoire dû à leur sous-effectif.
• Les projections et les survols de drone quasi quotidien.
• L’arrivée de MOS en nombre conséquent sans départ afin d’équilibrer la balance.
• Le quartier disciplinaire quasi plein depuis plusieurs mois, au point de ne pas laisser les sanctions prononcées en CDD arriver à leurs termes.
• Des protocoles avec le service médical obsolètes qui ne prennent pas en compte l’accueil du nouveau public, mais aussi qui ne garantissent que le confort de ce service sans prendre en compte l’aspect sécuritaire.
• Le service des parloirs à bout de souffle avec moins d’agents, mais avec le maintien de tours sans aucune limite sécuritaire.
• Le socle commun des formations pourtant obligatoire qui n’arrive plus à s’articuler avec le manque d’effectif et des recyclages d’habilitations, non respectés.
• Des services administratifs gérés parfois par un seul agent.
• Une feuille d’appel, déjà rabotée diffusée incomplète et sans consignes de gestion.
• Des fouilles de 3 ou 4 cellules déguisées en fouilles sectorielles, mais la réalité est que le CPLH est exempt de cette pratique sécuritaire.
Il en résulte, que la mauvaise volonté se mélangent à tous ces maux donnant un cocktail des plus explosifs.
Le 30 septembre, l’UFAP UNSa Justice vous demandait avec la plus simple des logiques d’avoir le courage de dire « stop », de prioriser les mouvements obligatoires, de faire respecter les priorités d’un établissement dit sécuritaire.
Il est important de permettre aux personnels du CPLH d’être les acteurs principaux et privilégiés, de leur structure, mais surtout qu’ils puissent travailler dans des conditions dignes de la classification de l’établissement.
Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer, Monsieur le directeur, l’expression de nos salutations distinguées.
Le HAVRE, Le 18 novembre 2025
Le secrétaire local UFAP UNSa Justice Marvin BAHADUR