jeudi 29 octobre , 2020

CP MONT DE MARSAN : RETOUR VERS LE FUTUR …

Le 11 septembre, une note de service a créé l’émoi dans les rangs des surveillants qui font les nuits.

L’ajout de 2 rondes supplémentaires sur les créneaux de 21h00 à 23h00 et 3h00 à 5h00, avec en plus une contre ronde sur tous les créneaux. (soit 12 passages pour les personnes « en fragilité accrue »).

Pour mémoire, cette disposition d’ordre ministérielle qui a été mise en place suite au protocole d’accord de mai 2009, dans le cadre (justement) de la prévention des suicides, avait pour but de diminuer l’agacement des détenus à l’ouverture de 7h00, soulager les services de nuit qui multipliaient les rondes et ainsi ralentir l’épuisement des personnels qui passaient leur temps à observer des détenus toutes les heures (et même
quelquefois 2 fois par heure) en les réveillant, en allumant les veilleuses pour contrôler leur état de santé.

Pour ces raisons, la garde des sceaux de l’époque avait demandé aux OS de faire des propositions et de mettre en place des services de nuit à 4 rondes dont les 2 rondes immuables et importantes que sont « la ronde des feux » à 19h00 et la dernière ronde de 5h00 à 7h00, où tous les œilletons doivent être contrôlés, afin qu’il y ait un passage toutes les deux heures.

Le CP de Mont de Marsan, ne faisant pas figure d’exception, a mis en place ce dispositif, malgré le nombre important de suicide qu’il a connu à l’ouverture.

Pour autant et paradoxalement, cette mise en place a permis de voir le nombre de suicide baissé, tout en permettant de soulager les personnels et de structurer un service de nuit qui permettait de pouvoir accomplir
des missions d’extractions médicales sans pour autant supprimer le nombre de rondes et de contrôles en détention.

Par expérience, la multiplication des contrôles œilletons et les Contres Rondes n’a jamais prouvé la corrélation avec la diminution des suicides, mais plutôt à rassurer les directions inquiètes des répercussions.

Si, sur le dernier suicide, la situation a pu mettre en évidence un écart entre deux contres-rondes, la multiplication des passages des surveillants peut avoir un effet contraire à la solution souhaitée. Le parcours aléatoire des rondes, une extraction médicale avec intervention des pompiers, une réorganisation de service suite à une absence ou toutes autres interventions en service de nuit peut facilement expliquer un écart de passages entre deux contres-rondes.

Plutôt que de multiplier le nombre de rondes et de contres-rondes, n’aurait-il pas été plus judicieux :

    De trouver une solution pour éviter l’écart important qui peut exister entre deux passages ?  

    De regrouper les détenus vulnérables sur une même aile dans les divers secteurs, afin de limiter les temps de passage entre deux rondes ?  

    Ou tout simplement d’expliquer qu’un détenu qui a envie de passer à l’acte en service de nuit à plus de chance de réussir qu’en service de jour ?  

L’UFAP UNSa Justice demande à ce que la note de service n°399/2020 soit supprimée.

L’UFAP UNSa Justice demande qu’un retour à 4 rondes soit définitivement acté.

L’UFAP UNSa Justice demande qu’une discussion avec les Organisations Syndicales soit ouverte afin de trouver une solution pour parer à ces écarts entre les contres-rondes.

                                                                                                   Le 17 septembre 2020,pour le Bureau UFAP                                                                                                     Christelle PIERROU 

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