Petit Papa Noël,
Pour ce Noël, je ne veux pas de jouets.
Je voudrais juste que mes parents reviennent vivants de leur travail.
C’est tout ce que je te demande.
Signé : un enfant de parents agents pénitentiaires du CP de Nouméa.
Ce n’est pas un conte. C’est la réalité qui plane chaque jour au-dessus des familles d’agents du CP de Nouméa.
UN ÉTABLISSEMENT QU’ON LAISSE TOMBER, DES AGENTS QU’ON ENVOIE AU CARTON
Croire encore au Père Noël relève peut-être de l’utopie. Mais ce qui l’est encore davantage, c’est de continuer à faire tourner un établissement pénitentiaire abandonné par l’État, surtout depuis l’annonce de l’abandon du projet de nouvelle prison en Nouvelle-Calédonie.
Au CP de Nouméa, on demande aux agents d’assurer la sécurité, de contenir la violence et de tenir coûte que coûte, avec des murs qui tombent, des moyens qui manquent et une surexposition permanente aux risques.
L’UFAP UNSa Justice du CP de Nouméa refuse de laisser cette lettre sans réponse. Nous refusons d’abandonner nos personnels, leurs familles, et leur droit le plus élémentaire :
Rentrer chez eux vivants et en bonne santé !
Nous demandons à l’État de mettre en œuvre, sans délai, des mesures à la hauteur des risques que nos collègues, toutes catégories confondues, subissent depuis des décennies, et plus encore depuis les événements de mai 2024.
SÉCURITÉ, EFFECTIFS, MOYENS :
NOUS NE DEMANDONS PAS LA LUNE, JUSTE DE QUOI TRAVAILLER
Sur le plan sécuritaire, nous exigeons notamment :
- Une PEP entièrement remodelée
- Un PCI centralisé et opérationnel
- Une équipe infra dédiée (sécurité / contrôle d’accès)
- Un PIC dans chaque quartier (MAH / CD1 / CD2)
- Des échauguettes de surveillance promenade (CD1 / CD2 / plateau sportif)
- Des miradors armés
- Une équipe dédiée QPS
Sur le plan des effectifs :
- 1 agent par coursive (4 MAH / 4 CD1 / 4 CD2)
- 2 agents en MAF
- Une équipe cuisine dédiée
- Une équipe technique dédiée
- Des renforts CPIP
- Une montée en compétences des ESLP, avec des effectifs supplémentaires
Cette liste n’est pas exhaustive malheureusement…
Elle représente simplement le minimum pour arrêter d’exposer nos collègues à des risques inacceptables.
RECONNAISSANCE : AUCUNE CATÉGORIE NE DOIT ÊTRE OUBLIÉE
L’UFAP UNSa Justice du CP de Nouméa salue le travail mené en intersyndicale pour l’obtention des récompenses destinées aux collègues victimes de la prise d’otage, ainsi qu’à l’ensemble des agents qui ont tenu l’établissement durant les exactions de mai 2024.
Mais nous le rappelons avec force : aucune catégorie de personnel ne doit être laissée au bord du chemin. Qu’il s’agisse de la surveillance, des services techniques, de l’administratif ou du SPIP, chacun doit bénéficier du même niveau d’attention, de protection et de reconnaissance.
Aucun agent ne doit subir durablement le manque d’effectifs, le déficit de reconnaissance en matière d’avancement ou le sentiment d’être écarté des récompenses qu’il mérite, qu’il s’agisse des médailles, des TOS ou des distinctions liées à l’engagement et au courage professionnels.
LIGNE ROUGE : L’INTÉGRITÉ PHYSIQUE DES COLLÈGUES
Dans l’attente d’un cadre de sécurité digne de ce nom, nous exigeons le transfert immédiat de toute personne détenue qui porterait, ou tenterait de porter, atteinte à l’intégrité physique d’un agent pénitentiaire.
Aucun agent du CP de Nouméa ne doit devenir le dommage collatéral de renoncements politiques et budgétaires.
REDONNER À CET ENFANT SON INSOUCIANCE
Derrière les murs, les chiffres et les sigles, il y a des vies.
Celles des agents.
Celles de leurs familles.
Celles de cet enfant qui demande juste que ses parents rentrent vivants de leur service.
Aidez-nous à lui rendre son insouciance.
Aidez-nous à offrir à ses parents autre chose que la peur au ventre à chaque prise de service.
À défaut de réponses rapides et concrètes, l’UFAP UNSa Justice prendra toutes ses responsabilités pour que l’État entende enfin la voix des personnels du CP de Nouméa.
Mikaele KAFIKAILA
Secrétaire Local UFAP UNSa Justice CP NOUMEA