jeudi 18 avril , 2019

CP SEYSSES: BILAN

L’UFAP l’avait malheureusement prédit il y a longtemps, notre directeur sortant l’a fait : transformer un établissement qui malgré ses problèmes structurels fonctionnait bien en une de ces prisons de la honte.

Rien de surprenant compte tenu de son parcours sur d’autres établissements où le
constat a été le même à son départ.
Le bilan comptable de ces 6 dernières années est déjà catastrophique : indifférence face à la surpopulation : de 0 jusqu’à 150 matelas au sol et 120 détenus sur un seul étage, indifférence face au manque de personnel : heures supplémentaires et rappels ont explosé, immobilisme face à l’insécurité : malgré les averses de projections, les découvertes inquiétantes et autres suspicions, rien si ce n’est quelques fouilles sectorielles faméliques, postes sécuritaires à l’abandon etc… la liste est
longue et touche tous les secteurs, personnels de tous corps et grades confondus.
Si sur ce bilan comptable notre directeur n’a eu de cesse de se défausser sur la conjoncture nationale, sur le bilan moral et humain le constat est accablant et la responsabilité totale. Notation ubuesque des agents, politiques de division postés/fixes lors des comités de suivi, communication avec les agents et dialogue social inexistants, chantage au poste, affectations hasardeuses, confrontations, trentièmes… ici c’est marche ou crève. Quand un agent fait remonter un
problème, il devient le problème, la moindre objection se transforme en conflit avec la direction. Suite au mouvement de janvier et malgré les beaux discours, les agents en arrêt maladie seront vendus à la DAP et sanctionnés alors qu’ils ont tenus courageusement pendant ces 15 jours les murs d’un établissement prêt à exploser. Rajoutez à cela des arbitrages calamiteux sur des situations individuelles et vous obtenez la situation RH que nous connaissons aujourd’hui, comme nous l’avions
prédit. Pourquoi continuer à faire tant d’effort pour au final être traité de la sorte ?
L’état dans lequel se trouve le CP Seysses aujourd’hui ne saurait se résumer sur une seule page.
Les démissions de la médecin et de l’assistante de prévention témoignent du traitement humain rendu et du peu d’espoir de voir les choses un jour s’améliorer. Si tout n’est pas non plus de sa responsabilité, notre ancien directeur aura été le maitre d’œuvre de la situation que connait l’établissement aujourd’hui. Rêvons que de son nouveau fauteuil à la DI celui-ci fasse preuve de compassion pour les personnels qu’il a connu, ou que la nouvelle direction fasse preuve de la considération qui a cruellement fait défaut ces dernières années sur l’établissement…

Le 15/10/19, le bureau local UFAP-UNSa justice

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