Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

CP Valence: ceux qui décident partent, ceux qui subissent restent

Depuis des mois, le futur QLCO ainsi que la réorganisation du QMC du Centre Pénitentiaire de Valence occupe les discussions, les réunions, les groupes de travail et les arbitrages administratifs. Depuis des mois, les personnels ont entendu des positions arrêtées, des exigences, des conditions, des certitudes et parfois même des leçons sur la façon dont devait fonctionner demain ce quartier hautement sensible.

Et pourtant, avant même l’ouverture effective du dispositif, avant même que les premiers personnels ne prennent pleinement la mesure des contraintes opérationnelles qui les attendent, ceux qui auront largement participé à définir son organisation auront déjà quitté l’établissement.

Une fois encore, les personnels constatent une réalité qu’ils connaissent trop bien : LES DECISIONS SONT SOUVENT PENSEES PAR CEUX QUI PARTENT ET ASSUMEES PAR CEUX QUI RESTENT.

Depuis l’arrivée des premiers agents au CP Valence, le 1er septembre 2015, l’UFAP UNSa Justice du CP de Valence n’a jamais eu le luxe de l’observation à distance. Nous avons connu l’ouverture, les réorganisations permanentes, les sous-effectifs chroniques, les périodes de tension, les crises successives et les injonctions contradictoires.

NOUS AVONS SURTOUT APPRIS QU’ENTRE LES DOCTRINES ADMINISTRATIVES ET LA REALITE DES COURSIVES, IL EXISTE SOUVENT UN FOSSE QUE SEULS LES PERSONNELS COMBLENT !

CAR DERRIERE CHAQUE PROJET PRESENTE COMME AMBITIEUX, DERRIERE CHAQUE REORGANISATION VENDUE COMME INNOVANTE, IL Y A TOUJOURS LES MEMES FEMMES ET LES MEMES HOMMES POUR ABSORBER LES CONSEQUENCES LORSQUE LES MOYENS NE SUIVENT PAS.

Le risque aujourd’hui serait de vouloir construire une vitrine impeccable tout en laissant se dégrader silencieusement l’arrière-cour.

CAR UN ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE NE FONCTIONNE PAS AVEC UNE FAÇADE BRILLANTE ET DES SERVICES OUBLIES DERRIERE LES MURS.

On ne construit pas un quartier présenté comme innovant, sécurisé et exemplaire pendant que les autres secteurs absorbent les retraits d’effectifs, les heures supplémentaires, les vacances de postes et l’épuisement professionnel.

FAIRE DU QLCO UNE VITRINE INSTITUTIONNELLE PENDANT QUE LE RESTE DE L’ETABLISSEMENT S’ABIME SERAIT UNE FAUTE.

Car derrière cette vitrine, il y a les personnels des détentions QMA et QMC, des parloirs, des UVF, des mouvements, des quartiers spéci-fiques, des services administratifs, des ateliers, des équipes techniques, des ELSP, des postes fixes, des extractions, des greffes et de tous ceux qui assurent quotidiennement le fonctionnement d’un établissement déjà sous tension.

L’UFAP UNSA JUSTICE DU CP DE VALENCE REFUSE QU’ON NOUS VENDE UN SALON D’EXPOSITION PENDANT QUE L’ARRIERE-COUR DEVIENT IMPRATICABLE.

NOUS REFUSONS QU’UN QUARTIER D’EXCELLENCE SOIT CONSTRUIT SUR L’USURE SILENCIEUSE DES AUTRES SERVICES.

Le QLCO devra être une plus-value pour l’ensemble du CP Valence, pas un transfert des difficultés vers ceux qui tiennent déjà la maison à bout de bras.

L’UFAP UNSa Justice du CP de Valence a été présente lors des épisodes les plus difficiles qu’a connus l’établissement. Lors des incidents graves, lors des mutineries, auprès des personnels blessés, auprès des agents épuisés et auprès de ceux qui ont parfois eu le sentiment d’être davantage considérés comme des noms sur une feuille de service que comme la richesse principale de cette administration.

PARCE QU’UN ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE NE TIENT PAS GRACE AUX ORGANIGRAMMES, IL TIENT PARCE QUE DES PERSONNELS TIENNENT.

À Valence, beaucoup ont parfois le sentiment de voir certaines directions considérer l’établissement comme une étape professionnelle parmi d’autres, un point de passage dans un parcours de carrière. Les agents, eux, ne changent pas d’établissement au rythme des mobili-tés administratives. Ils restent. Ils encaissent les restructurations successives. Ils assument les conséquences des décisions prises plusieurs niveaux au-dessus d’eux. Ils reconstruisent après les crises et assurent la continuité du service public quand les projecteurs se sont éteints.

À chaque étape, l’UFAP UNSa Justice du CP de Valence a porté des propositions, alerté sur les risques, demandé des garanties, réclamé des effectifs et refusé que l’on transforme une nouvelle fois les personnels en solution miracle à l’absence de moyens.

Car lorsque le QLCO ouvrira réellement, ce ne seront ni les comptes rendus de réunion, ni les présentations PowerPoint, ni les décisions prises puis oubliées qui feront tourner l’établissement, ce seront les personnels, comme toujours.

Et c’est précisément pour cela qu’ils méritent mieux que des choix imposés par des directeurs déjà tournés vers leur prochaine affectation. Les directions passent, les Personnels restent.

Et l’UFAP UNSa Justice du CP de Valence restera, comme elle l’est depuis septembre 2015, aux côtés de ceux qui font tenir cette maison.

Valence le 15 juin 2026 Pour le bureau Local

Fabrice SALAMONE – Sylvain ROYERE

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