Hier soir, une opération dite “XXL” a été menée dans notre établissement en présence du Procureur, du DI, des ERIS, de l’unité cynophile des gendarmes ainsi que de l’ensemble des agents de jour et des postes fixes de notre établissement.
Une cinquantaine de cellules sur les bâtiments B2 et C2 ont été fouillés, alors que les personnes détenues étaient regroupées sur les cours de promenades
L’opération « médiatique » s’est terminée vers 23h00.
Si les fouilles ont effectivement permis de saisir une quantité importante de produits illicites, plus de 1,3 kg de résine de cannabis dont 700 g dans une cellule, occupée par un détenu seul, les autres découvertes confirment surtout l’ampleur du problème structurel :
- Dans une cellule de 4 détenus : lame de scie, 5 téléphones portables, 34 g de résine, 28 g de cocaïne, 211 g d’herbe de cannabis, une PS4, une manette, un jeu.
- Dans une autre triplette : 183,5 g de résine, écouteurs sans fil, 1 mini-téléphone et ses accessoires.
- Dans la cellule d’un détenu en procédure criminelle : 66 g de résine, une lame de couteau en céramique, 4 câbles, 3 chargeurs, des écouteurs.
Mais le lendemain, plus personne. Et c’est là le vrai problème.
Ce matin, après cette opération d’envergure, les agents postés se sont retrouvés quasiment livrés à eux-mêmes : Aucun officier, Aucune astreinte direction présente.
Pire encore, l’établissement fonctionne aujourd’hui en mode dégradé, 7 agents manques à l’appel, des étages découverts.
Les autorités sont parties, et avec elles tout le “soutien” ministériel.
Les agents, eux, sont restés seuls à gérer les conséquences.
La sécurité ne peut pas être un décor ni un prétexte pour des opérations médiatiques et ponctuelles !
Nous dénonçons une politique où l’essentiel semble être de “montrer” que l’on agit, plutôt que de permettre réellement aux agents de travailler en sécurité.
Ces fouilles massives n’ont de sens que si elles s’accompagnent d’un renforcement immédiat des effectifs, d’un encadrement présent avant, pendant et après, de la résorption des emplois vacants, et d’une politique de sécurité durable.
« Nettoyer » les prisons ne peut pas être un simple coup de com.
La réalité du terrain, elle, se vit tous les jours, sans médias et trop souvent sans moyens.
Le bureau local réaffirme que les agents veulent pouvoir exercer leur mission en sécurité, pas servir de figurants dans une mise en scène politique.
Marine Orengo et Mickael Escolano
UFAP UNSa Justice du CP de VLM