mercredi 20 novembre , 2019

Dégueulasse et injuste – UR Grand-Est

Le 10 octobre dernier, un officier est convoqué par sa direction pour recevoir une demande d’explication. Celui-ci s’emporte et tente alors de renverser la table qui le sépare des deux directeurs et s’en prend à une armoire. Tout ceci  en la présence d’un représentant syndical qui le ramène seul à la raison…  Le récit de ce fait est volontairement synthétique car une action judiciaire ainsi que disciplinaire est lancée. 

Une chose est certaine, l’AP sur cette affaire a été d’une réactivité sans précédent et sait faire preuve d’une efficacité quant au traitement de la violence qu’on aimerait retrouver lors de faits similaires en détention…. 

En effet, le même jour une plainte est constituée, une ITT est constatée et une mesure d’interdiction d’accès est prononcée. Quinze jours plus tard, audition de « l’agresseur » et du témoin syndicaliste, application d’une mesure suspensive jusqu’au passage en commission nationale de discipline et convocation au 12 février 2015 devant le tribunal correctionnel

Une affaire rondement menée qui en rappelle d’autres et qui permet de dire qu’effectivement quand elle le veut l’AP peut être des plus réactives

Si pour l’UFAP/UNSa-Justice rien ne peut s’opposer au  principe qu’une personne qui s’estime victime puisse déposer plainte, il n’en reste pas moins que d’autres points nous troublent. 

Comment dire autrement quand les représentants de l’AP nous affirment vouloir aider l’auteur de ce « pétage de plomb » et qu’en même temps ils envoient l’artillerie lourde ? 

Comment interpréter aussi la prise partielle des informations et le mépris d’un des témoignages ? 

Comment entendre aussi que de par son statut cet officier aurait dû se maîtriser alors que sur ce même fait, un des deux directeurs a lui aussi pété les plombs sans avoir à subir les mêmes tourments ? 

Alors est-ce bien là le message que l’AP veut passer ? 

L’UFAP/UNSa-Justice dénonce cette attitude clanique qui détruit le peu de confiance qu’ont les personnels en leur administration, et qui creuse encore plus l’abysse entre les agents et une hiérarchie qui protége ses intérêts et oublie les personnels. 

Que dire du trouble de plus en plus lourd qui pèse sur les actions quotidiennes des personnels et qui par crainte de ne pas être suivis ou par peur de sanction, ne savent plus quelle conduite tenir. 

Aujourd’hui les personnels n’en peuvent plus de la remise en cause systématique de leurs paroles et de leurs écrits. Sans compter les répercussions que cela engendre sur leurs conditions de travail conduisant dans certains cas à l’arrêt ou voire encore au burn-out.  

Pourquoi les personnels n’ont-ils pas le droit à la même justice et la même réactivité lorsqu’ ils se font agresser ? 

Pourquoi doivent-ils attendre parfois plusieurs années avant d’être reconnu victime d’agression ou même de voir trop souvent les faits classés sans suite ? 

Pourtant comme eux, ceux qui se prennent pour des « chefs de clan » ont des obligations et des devoirs. Ainsi le décret n°95-680 du 9 mai 1995 – art. 2 édicte que «Les chefs de service sont chargés, dans la limite de leurs attributions et dans le cadre des délégations qui leur sont consenties, de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité ». 

Ils ont donc la responsabilité non pas uniquement de leurs petites carrières, mais bien de faire leur boulot et de justifier de leur traitement… La loi, les lois s’appliquent aussi à eux ! 

Immonde jusqu’au bout ! 

Reste Philippe. Comme il dérange, il doit payer pour l’ensemble de son œuvre. Déjà jugé COUPABLE par sa direction, celle-ci a pris les devants et a demandé à son  «camarade capitaine » de déménager ses effets personnels. Celui-ci a refusé, espérons que par ce refus il ne soit le prochain sur la liste…    

Se mobiliser pour ne pas être le prochain. 

L’UFAP/UNsa-Justice appelle donc à une démonstration solidaire le 12 février prochain, mais aussi les personnels à ne plus hésiter d’exiger justice contre les incompétents de ce système qui, ont plus qu’outrepassé les limites de l’acceptable. En condamner un, permettra assurément de changer la donne. 

 Vous aussi vous avez des droits, faites les respecter ! 

2014,11,08 Dégueulasse et injuste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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