FIP – Unité Syndicale – Courrier GDS

Objet : Suppression du dispositif de pré-affectation des Conseillers Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (CPIP) stagiaires

Madame la Ministre,
Le 16 septembre 2015, par un vote à l’unanimité des élus au Comité Technique SPIP, les organisations professionnelles représentatives des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (SPIP), engagées sur ce point dans une solide démarche unitaire depuis plusieurs mois, ont officialisé leur volonté de mettre fin au dispositif de pré-affectation des CPIP stagiaires.

Partageant la position des organisations professionnelles, la Directrice de l’Administration Pénitentiaire a néanmoins indiqué aux représentants du personnel que la décision restait, compte tenu de son impact sur l’organisation des services, soumise à votre accord.

Madame la Ministre, les effets désastreux de la pré-affectation sont, tant pour la formation des CPIP que pour l’équilibre des services, dénoncés depuis 8 ans par nos organisations comme par les rapports officiels, tel le rapport conjoint de l’IGFP-ISJ de juillet 2011.

Dispositif désastreux parce que la pré-affectation appauvrit la formation des CPIP en les figeant sur un site dès leur année de stage ; parce qu’elle conduit à les placer en situation d’autonomie en 12 semaines de stages contre 2 années par le passé ; parce qu’elle fait en sorte que des stagiaires soient formés et évalués par leurs futurs collègues de terrain, ce qui ne favorise pas l’objectivité ; parce qu’elle en sacrifie bon nombre lorsqu’elle entraîne leur affectation dans des services vidés de leurs personnels titulaires. Non seulement les personnels expérimentés ne sont plus là pour accompagner la seconde partie de leur formation, mais les stagiaires sont de fait amenés à être considérés comme des agents titulaires, avec le même nombre de personnes à suivre que ces derniers.

Dispositif désastreux parce que ce sont essentiellement les services de deux Direction Inter-régionales qui en supportent les conséquences, tandis que les autres Directions sont privées de la saine émulation engendrée par la présence de jeunes professionnels.

Madame la Ministre, nous n’avons que trop attendu, alors même qu’il existe un consensus entre les organisations professionnelles et l’administration.

Les effets négatifs d’une suppression du dispositif seront, à l’échelle du dysfonctionnement et des carences en ressources humaines généralisés depuis de très nombreuses années, limités : une année entre une mobilité réduite en 2016 et un retour à la normale en 2017, et ce après une mobilité historique en 2015. Ils peuvent par ailleurs être réduits de plusieurs façons, par l’ouverture de postes au détachement par exemple.

Depuis de nombreuses années, les personnels portent nos services, nos missions, dans des conditions de travail on ne peut plus dégradées. Aucune réforme pénale, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut décemment être mise en œuvre sans une formation équilibrée et adaptée des personnels chargés de l’assumer.

Nous vous demandons solennellement de bien vouloir valider la suppression du dispositif de pré-affectation et nous sollicitons une audience en urgence sur ce sujet.

Dans l’attente, nous vous prions, Madame la Ministre, d’agréer l’expression de nos sentiments distingués.

150925 – FIP – US – Courrier GDS unitaire

 

 

 

Paris, le 24 septembre 2015

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