HOMELAND CARCÉRAL : L’INGÉRENCE N’EST PAS UNE FICTION !

Un rapport commandé par le ministère de la justice britannique au sujet de l’extrémisme en prison, et dont la presse s’est fait l’écho, fait état des dérives de certains aumôniers musulmans au sein d’une dizaine de prisons au Royaume-Uni : diffusion de propagande, appels à récolter des fonds au profit « d’organisations caritatives islamiques », appels au meurtre des apostats et mécréants. Ce rapport conclut que ces événements ont pu se produire en raison d’un manque de contrôle.

Pour l’UFAP-UNSa Justice, ce rapport est un véritable avertissement que notre administration ne doit pas ignorer : l’INGERENCE constitue un risque réel qui est bien trop sous-évalué par la DAP.

L’administration pénitentiaire DOIT protéger ses personnels, ses structures et ses informations d’actes de terrorisme, d’actions de subversion et d’activités criminelles émanant de groupes ou d’individus cherchant à lui nuire.

Par les temps d’incertitude qui courent, il apparaît évident pour l’UFAP-UNSa Justice que la DAP doit se doter d’un outil de contre-ingérence afin d’évaluer les risques et surtout d’être en capacité de les gérer en amont.

Depuis le 14 novembre 2015, date à laquelle l’état d’urgence a été décrété, la DAP s’est contentée du service minimum en rappelant les évidences en matière de sécurité. Malgré l’importance de la menace, malgré son existence constituée pour les personnels pénitentiaires en raison des mauvais traitements que subiraient les détenus de confession musulmane, notre administration reste attentiste sur ses propres vulnérabilités et les menaces potentielles dont elle peut faire l’objet.

S’il semble évident que des actions menées depuis l’extérieur constituent la plus grande menace, il convient de ne pas négliger celles dont l’origine pourrait se trouver en interne. En matière de sécurité, le facteur humain demeure le maillon le plus faible. La DAP doit avoir une action préventive et mettre en place un dispositif permettant une réelle évaluation des risques pour une meilleure maîtrise.

Pour l’UFAP-UNSa Justice, le renseignement pénitentiaire doit être doté d’une équipe permanente chargée d’actualiser l’évaluation des risques et des menaces, de sensibiliser les acteurs du terrain sur la notion de l’ingérence, d’élaborer et de mettre en œuvre des scénarios et des dispositifs de contre-ingérence.

L’UFAP-UNSa Justice privilégie toujours l’anticipation aux constations post-mortem.

Paris, le 22 avril 2016

220416 – Homeland carcéral

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