mardi 25 juin , 2019

Journée du Harcèlement scolaire

En regardant les informations du soir, j’apprends que le 8 novembre 2018 est la journée du harcèlement scolaire.

En voyant le reportage télévisé, je me demande, si cette année, je ne travaille pas dans une école primaire ?

Et pourtant NON ! Je travaille en établissement pénitentiaire !

En effet, cette année, on ne peut que déplorer la situation des nombreux collègues ayant été insultés, menacés, intimidés, harcelés, non par la population pénale, mais par des collègues !

Si on n’a pas les mêmes idées que le collègue, on ne va pas essayer de comprendre son point de vue, mais on va le harceler, l’insulter, le dénigrer. Certains vont même jusqu’à menacer sa famille ou détériorer son véhicule. On va ensuite s’en gargariser, se glorifier et continuer le harcèlement sur les réseaux sociaux.

Si on veut simplement venir travailler alors que certains ont décidé qu’il ne fallait pas prendre les clés, on reçoit des menaces, des lettres anonymes, des propos racistes, on se retrouve empêchés de rentrer dans l’établissement. Sous cette pression, certains finissent même par se mettre en maladie pour ne plus subir ces brimades, avec les sanctions financières et disciplinaires que l’on connaît… ! Il est d’ailleurs tellement facile de demander aux autres de déposer les clés, alors que soi-même on ne le fait pas.

Si on souhaite distribuer les cantines ou les draps, lorsque le buandier ou le cantinier sont absents, on va recevoir la visite musclée de collègues à l’étage, qui vont faire pression pour que l’on ne le fasse pas. Alors que le soir, ces mêmes collègues vont aller récupérer des draps en catimini au vestiaire, pour les distribuer avant la fermeture… Cherchez l’erreur ?!?! Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Si on voit des collègues féminines, on va les insulter, leur adresser des propos sexistes et on va encore plus se lâcher, y compris quand on apprend qu’elles sont enceintes ! Facile de s’en prendre à une personne seule.

Bien sûr, on choisit les personnes qui ne font pas partie du même groupe. On va les harceler jusqu’à ce qu’elles rejoignent le groupe, contraintes et forcées…

A l’école on appelle cela du harcèlement scolaire et à la maison d’arrêt on appelle cela comment ? Du harcèlement ? du syndicalisme ?

Et vous, vous appelez ça comment ?

Le secrétaire local UFAP UNSa Justice
Philippe Steiner

Strasbourg 2018-11-09 journée du harcèlement

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