Cet après-midi, après la promenade, deux détenus ont refusé de réintégrer leur cellule, le premier invoquant la présence de trois détenus dans une cellule prévue pour deux, tandis que le second a suivi le mouvement, ce qui a fortement perturbé le service.
Leur placement au QD, chacun seul en cellule, était la suite normale de l’incident. Pour les collègues, la journée s’est terminée avec deux blessés à faire examiner, plus d’une heure de retard aux réintégrations et aux repas, et un départ tardif avant une reprise à l’heure le lendemain. Le QD répond à l’incident. Il ne change pas les conditions dans lesquelles les agents travaillent.
Plus de 60 matelas sont déjà au sol. Cela représente potentiellement plus de 180 détenus hébergés dans ces conditions. Le placement au QD répond aux faits qui le justifient. Il ne peut en revanche ni créer des places en détention ni combler les postes manquants. C’est aussi sur ces réalités que l’administration est attendue.
La Talaudière cumule vétusté et sous-effectif dans toutes les catégories. Le quartier arrivants gère un flux permanent. Le quartier femmes va bientôt entrer en travaux, tandis que les surveillantes doivent déjà faire face à des crachats et à des situations difficiles, sans moyens adaptés. En grande détention, un étage entier accueille des détenus présentant d’importantes difficultés psychiques. Les équipes tiennent, mais l’administration ne peut pas faire de leur abnégation son plan de gestion.
Depuis plus de deux ans, les postes de surveillants manquants ne sont toujours pas comblés par la direction interrégionale. Côté technique, il ne reste que deux personnes, un contractuel et un directeur. À eux deux, ils doivent réparer les dégradations, entretenir les locaux, suivre les entreprises, répondre aux demandes de la DI et assurer les astreintes du week-end. Les murs se dégradent, les effectifs manquent, et l’administration s’étonne ensuite que la pression monte.
L’UFAP-UNSa Justice de Saint-Étienne salue l’ensemble des personnels, tous grades et tous corps confondus, qui continuent d’assurer leurs missions dans des conditions toujours plus difficiles.
L’UFAP-UNSa Justice exige des réponses immédiates : des effectifs suffisants, des moyens adaptés et une vraie prise en compte de la situation de La Talaudière. Nous ne nous contenterons pas d’un nouveau constat ni d’un rappel à l’ordre adressé aux agents. Si la direction et la direction interrégionale continuent de laisser la situation se dégrader, l’UFAP prendra toutes les initiatives nécessaires pour défendre les collègues. Cette fois, qu’on ne vienne pas dire que personne n’avait été alerté.
Pour l’UFAP-UNSa Justice de Saint-Étienne
Thierry MACHARD