LE SPIP PERSONA NON GRATA AU QUARTIER SOCIO-EDUCATIF DU CD D’ARGENTAN ! – Tract ARGENTAN CD

Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’en réunion d’antenne, il nous est annoncé que dans un futur relativement proche, nous seront chassés du quartier socio-éducatif et nous devrons réaliser nos entretiens en bâtiment !

Nous voulons défendre ici nos conditions de travail actuelles et nous refusons d’accepter docilement des conditions de travail dégradées.

La grande majorité de l’équipe du milieu fermé du SPIP d’Argentan s’insurge contre cette nouvelle disposition !

Réaliser les entretiens en bâtiment pose de graves difficultés à plusieurs titres :

– mise en jeu de la sécurité des agents pénitentiaires :

Les risques d’agressions et d’incidents seraient largement accrus : en effet, les
CPIP/AS feraient l’objet de sollicitations opportunistes des détenus lors des déplacements vers les bâtiments et dans les bâtiments eux-mêmes. Les refus d’accorder un entretien ou de répondre à une sollicitation seraient sources de frustrations et de tensions pouvant aller jusqu’à l’incident.

Ce type de situations mettrait en jeu la sécurité des CPIP/AS et des surveillants qui seraient amenés à intervenir.

Comment la sécurité des CPIP/AS serait assurée à l’étage ? Comment garantir la présence permanente d’un surveillant ?

La configuration des bureaux assurerait-elle la sécurité des agents ?

– des conditions d’entretien dégradées :

Absence de bureaux d’entretiens dédiés au SPIP

Absence d’accès aux outils de travail nécessaires : APPI, Génésis, téléphone, photocopieuse

Conditions d’hygiène déplorables

Nuisances sonores

                        – gestion des convocations :

La mise en place de la réalisation des entretiens des CPIP et AS en bâtiment nécessiterait de mettre en place un « planning » de convocations des 9 agents pour 15 bureaux (1 bureau par étage par bâtiment) !!!

Il est évident que cela complique considérablement l’organisation des agendas de chacun. Les CPIP et AS seront dans l’impossibilité de fixer des convocations de façon autonome et devront se coordonner à 9 !!!

Un risque de chevauchement des convocations est largement prévisible.

Les convocations ne se feraient alors plus selon la nécessité de la prise en charge mais au regard de l’affectation en bâtiment.

Nonobstant la perte de temps pour aller d’un bâtiment à un autre ! (notamment entre les bâtiments C et D)

                        – positionnement professionnel :

Réaliser les entretiens en bâtiment serait abandonner l’apprentissage de la responsabilisation et de l’autonomisation de la personne détenue et favoriser l’assistanat.

Il s’agit d’un véritable retour en arrière où le SPIP serait à disposition du détenu pour l’assister dans son quotidien.

Il s’agit d’un non sens total !

Par ailleurs, les entretiens par le SPIP impliquent de garantir la confidentialité. Comment garantir la confidentialité des entretiens au milieu de la détention ? Comment aborder sereinement le positionnement par rapport aux faits commis notamment ?

Réaliser les entretiens au quartier socio-éducatif, sans être pour autant toujours idéal, nous permet de travailler dans des conditions correctes :

– les lieux garantissent la sécurité :

Présence permanente d’un surveillant

Ne sont présents au quartier socio-éducatif que les détenus « autorisés »

                        – des bureaux d’entretiens dédiés et équipés :

Accès à APPI, Génésis, téléphone, photocopieuse

Hygiène correcte

– garantie de la confidentialité des entretiens

– le quartier socio-éducatif est un lieu d’échange important avec les partenaires du SPIP y intervenant : scolaire, psychologue PEP, conseillère MLI, intervenant CSAPA, drog’aid, AA,…

                        – positionnement professionnel :

Pour un détenu, se déplacer au quartier socio-éducatif pour se rendre à une convocation est une première étape vers la responsabilisation et l’autonomie : c’est se mobiliser et faire le choix d’accepter l’accompagnement du SPIP, c’est s’investir dans le suivi.

C’est une première étape pour l’apprentissage du fonctionnement des institutions à l’extérieur de la détention.

Faire les entretiens en bâtiment serait :

         – mettre en péril la sécurité des agents

         – dégrader gravement des conditions de travail

         – remettre en cause le sens du travail du SPIP

         – perdre en efficacité : diminution du nombre d’entretien et baisse de la qualité des entretiens, perte de temps

Une telle mesure ne peut avoir qu’un impact désastreux sur la détention non seulement pour les personnels , CPIP/AS et surveillants.

 

Related posts