La première semaine d’accueil de la nouvelle promotion d’élèves surveillants vient de s’achever, et le constat est préoccupant. Une nouvelle fois, la cohérence pédagogique semble passer au second plan.
Bienvenue dans l’ère du « remplissage de cases » et du mépris pédagogique.
Des élèves surveillants… qui ignorent ce qu’est un surveillant !
Le ton a été donné dès l’amphithéâtre d’accueil. Pas un mot de bienvenue dans l’Administration Pénitentiaire, pas de félicitations pour la réussite au concours. Pourtant, ces élèves viennent d’intégrer une institution exigeante. Ce premier rendez-vous aurait dû être l’occasion de les accueillir, de valoriser leur engagement et de leur transmettre les valeurs du métier.
Au lieu de cela, on leur parle uniquement du module ESP, des cours de TIO, de BTP, de PIE et de points bonus ! … Les missions du surveillant pénitentiaire, ses responsabilités, son rôle quotidien en détention et sa place essentielle dans le fonctionnement des établissements n’ont pas occupé la place qu’ils méritent.
Pire encore, pour certains groupes, les cours techniques ont débuté dès la première semaine. Pas la moindre information sur leurs futures missions, pas de repères, pas de sens. On jette les élèves dans le grand bain des techniques professionnelles sans même leur avoir expliqué où ils mettaient les pieds !
La planification : « Faut que ça passe », peu importe la casse !
Pour l’UFAP UNSA Justice, l’élève devrait être au cœur du processus de formation. À l’Énap, on fait exactement le contraire. La planification des cours défie toute cohérence pédagogique. La seule et unique règle qui semble dicter la conduite de l’école est : « Du moment que le planning passe… ».
Lubie d’un service ? Orientation validée par la direction ? Une question se pose : existe-t-il aujourd’hui un service qui semble s’imposer aux autres au point de dicter l’organisation générale de la formation ? À force de privilégier une seule logique, c’est l’équilibre même du parcours de formation qui est fragilisé.
Comme si cela ne suffisait pas, certains groupes ont été réorganisés après seulement quelques jours d’intégration afin de privilégier encore une fois la planification. Comment créer un esprit de promotion lorsque les repères changent dès la première semaine ? Comment favoriser l’intégration lorsque les élèves sont déplacés au gré des ajustements organisationnels ?
L’UFAP UNSA Justice EXIGE UN CHANGEMENT DE CAP IMMÉDIAT !
- Un retour immédiat à une pédagogie de QUALITÉ plutôt qu’à une logique de QUANTITÉ et d’abattage.
- Le respect des élèves en cessant les réorganisations sauvages de groupes après seulement une semaine.
- Le respect des personnels de l’Énap, qui ont droit à une planification cohérente pour exercer sereinement et
(re)donner du sens à leurs missions.
Il est temps de ne plus confondre pilotage pédagogique et jeu de Tetris. L’UFAP UNSA Justice restera vigilante et ne laissera pas brader la formation des futurs surveillants !
Le bureau local UFAP-UNSa Personnels ENAP / Le bureau local UFAP-UNSa Elèves