Le quotidien des conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) en région parisienne est devenu un exercice d’équilibriste impossible. Entre saturation des services et précarité des agents, la mission de prévention de la récidive est gravement compromise.
L’explosion de la charge de travail
Des portefeuilles ingérables : Là où les normes préconisent 60 dossiers, les agents franciliens en gèrent souvent entre 80 et 100.
La gestion de flux plutôt que l’humain : la surpopulation carcérale force les CPIP à privilégier l’urgence administrative au détriment de l’accompagnement social profond. On ne « réinsère » plus, on gère des dossiers.
Une région qui « use » ses agents
Crise de l’attractivité : Le coût de la vie et du logement en IDF, cumulé à des temps de trajets épuisants, provoque une fuite massive des compétences. Les services sont portés par de jeunes collègues ou des contractuels, sans transmission d’expérience.
Un désert de solutions : Le manque criant de partenaires (hébergement d’urgence, psychiatrie, addictologie) en région parisienne bloque les projets de sortie, condamnant les suivis à l’échec.
La peur au ventre et la perte de sens
Le CPIP comme « fusible » : Une insécurité juridique grandissante. En cas de récidive, les agents craignent d’être désignés comme responsables, ce qui paralyse la prise de décision.
Missions dénaturées : Utilisation des CPIP pour pallier les manques des autres services, les éloignant de leur cœur de métier : l’aide à la décision judiciaire et l’insertion.
Pour l’UFAP UNSa JUSTICE le constat est sans appel : On demande aux CPIP franciliens de garantir la sécurité publique avec des moyens de fortune, dans une région qui épuise ses effectifs plus vite qu’elle ne les forme.
L’administration doit cesser de compter sur l’abnégation des agents et répondre par des moyens concrets.
L’UFAP UNSa JUSTICE demande la baisse des charges de dossiers, la revalorisation spécifique IDF et protection juridique renforcée.
UR UFAP UNSa Justice de PARIS