lundi 23 septembre , 2019

Lettre ouverte à Monsieur le Directeur Interrégional des Services Pénitentiaires de DIJON

Monsieur le Directeur Interrégional,

Depuis plusieurs semaines nous avons attiré votre attention sur des sujets de la plus haute importance mais qui semblent être interprétés autrement par vos services, au regard du silence assourdissant en réponse à nos saisines.

Nous nous permettons ici de lister quelques-unes de ces situations tout en sachant qu’elles ne sont pas exhaustives.

Maison d’Arrêt de BLOIS    :  En date du 2/08/2019, nous avons attiré votre attention sur les projections faites au-dessus du mur d’enceinte de la Maison d’Arrêt de BLOIS.

Il s’agissait de matériels tels que des scies à métaux, un couteau céramique, des produits stupéfiants, des téléphones portables.

Un grand classique, direz-vous !

Et c’est certainement cette raison qui vous a conduit à ne pas nous répondre sur ce sujet, préoccupant pour nous, représentants élus et légitimes des Personnels.

A noter que nous n’avons toujours aucun échéancier concernant les travaux d’envergure qui vont être réalisés sur cette structure, aucune information sur la sécurisation de cet établissement lorsque les murs d’enceinte vont être ouverts afin de refaire la porte d’entrée, et par conséquent aucune information sur le financement d’un dispositif anti-projections qui doit être réalisé durant ces travaux.

Quant à l’EJV en place depuis peu, encadrée par aucune note de fonctionnement claire, doit-on là aussi demander aux Personnels d’exécution de travailler sur celle-ci en plus de ces nouvelles missions ?

Nous ne sommes plus à une ineptie de plus sur cette structure managée avec un mode d’un autre temps par un roitelet qui l’est tout autant.

Centre Pénitentiaire de CHATEAUROUX : Sur cette structure pas moins de quinze cartouches à gaz pour des armes d’Airsoft ont été découvertes sur une cour de promenade grâce au professionnalisme d’un agent au cours de sa ronde.

Face à notre étonnement quant à l’absence d’une fouille d’envergure réalisée sur cet établissement suite à cette découverte, il nous a été répondu que la gestion des effectifs disponibles pour une telle opération ne pouvait permettre celle-ci en plein mois d’août.

Nous ignorions jusqu’à aujourd’hui que la délinquance affichait une trêve estivale et que l’Administration Pénitentiaire s’organisait autour de celle-ci.

Il semblerait, qu’au niveau local, la direction n’ait pas perdu toute sa lucidité, et a organisé d’elle-même des fouilles ciblées malgré les difficultés en ressources humaines que cela engendre.

Maison Centrale de SAINT-MAUR   : Après la sauvage agression de deux de nos Collègues le 14/08 dernier, nous avons demandé le placement du furieux agresseur en Unité pour Détenus Violents. Là aussi, aucune anticipation n’est constatée quant à la gestion de ce détenu actuellement placé au quartier disciplinaire de la Maison Centrale de ST MAUR.

Devrons-nous là aussi dénoncer vertement le retour de cet énergumène en détention classique ?

Le ressenti des Personnels victimes de cet excité est-il pris en considération par vos services ?

Toujours sur cette structure, en date du 2/08/2019, nous avons alerté vos services sur le sous-effectif des 1ers Surveillants, aujourd’hui en carence de cinq postes et six d’ici la fin d’année.

Devons-nous continuer d’assister sans réagir à l’épuisement professionnel de nos Collègues qui travaillent au sein d’une structure dont la sensibilité n’est plus à démontrer ?

Centre de Détention de CHATEAUDUN    : Nous avons dénoncé dernièrement par communiqué régional l’opacité de la vitrine U.D.V. construite au sein de ce Centre de Détention, et des multiples fissures figurant sur celle-ci.

Doit-on, une nouvelle fois, rappeler ici les problèmes récurrents d’effectifs inhérents notamment à une gestion chaotique de la détention plaçant quotidiennement les Personnels en situation de risque imminent.

A présent, vous avez décidé d’accroître ce manque d’effectifs par l’ouverture des UVF et de l’UDV sans apport d’emplois budgétaires suffisants.

Aujourd’hui, nous pouvons déjà affirmer que le vernis médiatique passé autour de ces ouvertures est manifestement en train de se fissurer pour laisser apparaître une matière bien moins luisante et dont sont, une nouvelle fois, victimes les Personnels d’exécution.

Visiblement la prime de fidélisation demandée et obtenue par notre organisation syndicale doit s’accompagner de conditions de travail décentes pour les représentants de l’ordre que sont les Personnels Pénitentiaires.

Ce ne sont pas les deux agressions graves en un mois qui viendront contredire notre propos.

Monsieur le Directeur Interrégional, les syndicalistes que d’aucuns qualifient de « privilégiés », sont plus en phase avec le terrain que ceux qui le dirigent, et n’en déplaisent à ceux-ci, vous font part, au travers de cette lettre ouverte, de leur forte inquiétude mais aussi de leur grand mécontentement qui frise la colère quant à la gestion, ou plutôt l’absence de gestion, de ces situations sus énumérées.

Monsieur le Directeur Interrégional, les syndicalistes que d’aucuns qualifient de « privilégiés », n’ont pas été nommés mais élus et mandatés par le terrain, pour vous dire, ici, qu’une certaine grogne sociale est en train de prendre forme sur notre Région, à l’aune des Etats Généraux qui ne devraient pas être parasités par ces situations inquiétantes.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur Interrégional, l’expression de nos salutations distinguées.

Les Secrétaires Généraux de l’UR UFAP Dijon, Thierry CORDELETTE – Angui ANASSÉ Bastien DELAGNEAU – Laurent BOITRAND et Frédéric CHAUVET, Permanent UFAP

Related posts