mercredi 26 juin , 2019

L’UFAP UNSa Justice quitte la séance et exige sans délai la mise en œuvre du relevé de conclusions !

Voilà enfin le 1er CT AP de l’année 2019 réuni… Soit quasiment un trimestre sans dialogue social au sein de l’administration pénitentiaire.
Visiblement, la concertation et le débat avec les représentants des Personnels continuent à ne pas être une priorité pour cette Institution et cela, malgré un contexte compliqué et des établissements en totale perdition. Le paradoxe, c’est que dans le même temps vous avez fait preuve avec vos directeurs d’une énergie sans précédent pour mettre en œuvre le « grand débat » auprès de la population pénale sous l’artifice fallacieux de l’article 29 de la loi pénitentiaire.


Devons-nous vous rappeler que vous êtes le directeur de l’administration pénitentiaire et qu’au sein de celle-ci il y a près de 40 000 Agents qui attendent un minimum de considération de la part de leur administration et de celui qui la dirige ?!
Mardi 5 mars, Condé sur Sarthe a été le théâtre d’un nouvel épisode terroriste avec pour victimes, deux Collègues Surveillants.
Depuis, cet établissement est au bord du chaos et l’ensemble de la profession attend légitimement des réponses à leur demande de sécurité. Ils attendent avec colère la mise en œuvre du relevé de conclusions signé par l’UFAP UNSa Justice le 29 janvier 2018.


Pourquoi autant de tergiversations, d’hésitations ?… Vos directeurs, pour leur très grande majorité, passent leur temps au chevet des détenus, en répondant à leur moindre caprice, alors que les agressions continuent d’avoir lieu sur tous les terrains.
L’absence de réponse institutionnelle conjuguée au sabotage organisé du relevé de conclusions de janvier 2018, nous invite à nous poser de graves questions sur le but recherché.
Condé sur Sarthe n’est pas un hasard, ni un indicent quelconque !… L’UFAP UNSa Justice ose le dire : si vos directeurs et vous-même étiez dans une démarche volontaire et dynamique en matière de sécurité et de soutien inconditionnel envers les Personnels, alors le relevé de conclusions serait dans un état plus avancé, les gilets pare lames seraient distribués à tous les Agents et de ce fait nos deux Collègues n’auraient pas subi les coups de couteau avec la même gravité !… Cette réalité est peut-être dure à accepter, mais le constat en est bel et bien là !


Nous vous l’avons dit lundi dernier, nous l’avons rappelé jeudi à la garde des Sceaux, la sécurité des Personnels n’est pas négociable !… Si certains sont prêts à la troquer contre ceci ou cela, pour la 1ère Organisation Syndicale ministérielle, c’est impossible !
Par ailleurs, comment nous parler de respect du dialogue social, quand depuis le début de l’année vous bloquez les droits acquis par les Organisations Syndicales. Que cela vous plaise ou pas, nous sommes
des représentants « ELUS » par les travailleurs de ce pays et plus particulièrement par les Personnels pénitentiaires, avec un taux de participation qui ne laisse aucun doute sur le socle de cette
représentativité !…. Ceux qui nous gouvernent ne peuvent pas en dire autant !…

Par conséquent, l’UFAP UNSa Justice en sa qualité de 1ère Organisation Syndicale de ce ministère, exige que nos droits ouverts soient actifs et vous demande de donner les consignes nécessaires à vos services afin qu’ils répondent à nos demandes d’utilisations d’ASA.
Ensuite, sur la mise en œuvre des accords signés, si la réforme statutaire des Personnels d’Insertion et de Probation à enfin fini par être mise en œuvre au 1er février, cela n’aura pas été sans mal !


Toutefois, et au-delà de ce dossier, rien n’avance s’agissant du plan de requalification des Personnels Techniques ou encore du Corps de Commandement dont nous attendons toujours le passage du texte
au Conseil d’Etat !… il en est de même s’agissant nos demandes de revalorisation du pouvoir d’achat pour l’ensemble des Personnels pénitentiaires ?!


S’agissant de la gestion carcérale des détenus terroristes et ou radicalisés, là encore vos directeurs, chefs d’établissements ou directeurs interrégionaux sont hostiles aux dispositions sécuritaires que le
relevé de conclusions de janvier 2018 impose de mettre en place. La situation se dégrade dangereusement !… Et par-dessus le marché ce gouvernement veut rapatrier des familles entières de soldats djihadistes dans notre pays. C’est un risque inconsidéré !… Une folie suicidaire !…
Là-encore, bien au-delà des grands et beaux discours, vous devez être responsable et entendre que nous n’avons ni les outils, ni les moyens pour la prise en charge de ces terroristes combattant notre pays en Syrie !
S’agissant de la situation de Condé sur Sarthe, pour l’UFAP UNSa Justice, il y a urgence à ce que la situation se décante, que les représentants syndicaux représentatifs des Personnels sur cet établissement soient reçus afin de leur faire un retour sur les revendications qui ont été avancées.
Tout comme il y a urgence à nous transmettre un calendrier de mise en œuvre totale du relevé de conclusions du 29 janvier 2018.
Comme nous vous l’avons dit, nous n’accepterons pas plus de retard et de sabotage. Vos directeurs sont là pour obéir et mettre en œuvre les directives qui leur sont astreintes. Pour moins que çà, les autres Personnels se voient sanctionner au quotidien pour travail non fait ou mal fait !
Idem, s’agissant des missions extérieures et de la doctrine des ESP rassemblant les missions ERIS, UH, EJ, EJ vicinales, ELAC, ENT…, pour lesquelles la comédie a assez duré !…

Voilà maintenant près de deux ans que nous exigeons cette doctrine nourrie des moyens nécessaires afin d’assurer la sécurité des Personnels et d’avoir des conditions de travail respectables. Sachez qu’à ce jour ce n’est pas le cas et malgré les évènements de Tarascon, cette administration n’a toujours pas
pris conscience de la situation et de l’urgence à entendre nos demandes.
Tout comme, nous attendons toujours la doctrine d’emploi des équipes « cyno », le comblement des emplois vacants ainsi que le développement des brigades sur l’ensemble des directions interrégionales, sans oublier les départements et territoires d’outre-mer !
Enfin, comment finir cette déclaration sans vous parler des emplois… Le relevé de conclusions de janvier 2018 doit permettre de redresser sensiblement la barre des vacances de postes dans les établissements d’ici la fin d’année 2021.
L’UFAP UNSa Justice seule signataire, demande à ce que vos services nous fassent un point sur cette montée en charge, notamment au regard du nouveau schéma de formation initiale.


A ce titre, il est inadmissible que les CAP de mobilité soient constamment décalées et repoussées à quelques semaines de la prise de fonction des Agents mutés. Le nouveau dispositif de formation initiale vous engage à respecter certains principes s’agissant de la gestion des CAP et de leur
calendrier, respectueux notamment des rythmes scolaires, tout comme du nombre de postes publiés à la mobilité !… Il en manque plus de 200 !… Nous exigeons de la transparence et par conséquent, sans tarder, la publication de ces postes afin que les Surveillant(e)s et Surveillant(e)s Brigadier(e)s puissent postuler en toute connaissance. Idem, nous souhaitons que les postes liés au relevé de conclusions devant combler les vacances de postes dans les établissements soient fléchés et portés à la connaissance de tous afin que vos chefs d’établissements ne les détournent pas de leur objet, car c’est trop souvent le cas.

Voilà autant de sujets importants qui vous invitent urgemment à changer d’orientation afin de rendre à cette Institution et ses Personnels la dignité qui leur est due.

Etant un pilier essentiel de la démocratie au sein d’une République occidentale en pleine crise, il est fondamental de se donner les moyens visant à garantir la Liberté, l’Egalité et la Fraternité entre tous les citoyens de notre pays. Votre responsabilité sera lourde en cas d’échec !

Par conséquent, dans un tel contexte, à l’issue des déclarations liminaires,
les représentants de l’UFAP UNSa Justice ont refusé de siéger plus longtemps à ce CT AP, précisant au DAP que l’urgence est de répondre aux
attentes des Personnels et en particulier à celles des Personnels de Condé
sur Sarthe.

Paris, le 18 mars 2019.
Pour les représentants UFAP UNSa Justice au CTAP,
Le Secrétaire Général
Jean-François Forget.

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