L’UFAP-UNSa Justice reçue à L’Hôtel Matignon…

Une délégation de l’UFAP-UNSa Justice, première organisation syndicale, a été reçue le 10 mars 2016 à l’Hôtel Matignon par Madame Hélène CAZAUX-CHARLES, conseillère justice auprès du cabinet du Premier Ministre.

Suite au courrier adressé au Président de la République en janvier dernier sur le sujet de la prise en charge des personnes détenues radicalisées, le Premier Ministre, par la voie de son cabinet, avait souhaité rencontrer l’UFAP-UNSa Justice.

Cette entrevue a été l’occasion de revenir sur la mise en œuvre des unités dédiées dont le projet, rappelons-le, a été rejeté par l’ensemble des organisations syndicales lors du CT-AP du 14 janvier 2016.

L’UFAP-UNSa Justice a fait valoir que la prise en charge des personnes détenues radicalisées est un sujet important non seulement pour notre administration mais aussi pour la Nation, sa sécurité et sa souveraineté. Pour notre organisation, ce dossier ne peut pas être traité dans la précipitation si l’objectif à atteindre est que cette prise en charge soit optimale et envisagée dans sa globalité.

La conseillère justice du Premier Ministre partage le constat de l’UFAP-UNSa Justice quant à l’appréhension du phénomène de la radicalisation par nos élites friables de l’administration pénitentiaire : définition minimaliste, vocabulaire frileux, analyse naïve du phénomène. Il est nécessaire d’identifier la cible clairement : l’islamisme radical, comme l’a ouvertement déclaré le Premier Ministre à l’Assemblée Nationale le 13 janvier 2015.

L’UFAP-UNSa Justice n’est atteinte d’aucune phobie : l’état islamique nous livre une guerre qu’il revendique aux travers de ses vidéos, ses communiqués et publications, tel que « Dar Al Islam », sans dissimuler la réalité de son projet.

L’état de communautarisation de notre société est déjà bien avancé : à l’intérieur comme à l’extérieur de nos murs, des personnes sont concernées par le jihad ou se radicalisent, tous avec la même détermination. Ni la naïveté ou la lâcheté, ni les orientations prises pour l’emploi des crédits PLAT ne permettront pas de lutter efficacement contre ce cancer totalitaire.

Il est donc nécessaire de traiter, au cas par cas, les personnes détenues radicalisées. L’UFAP-UNSa Justice et la conseillère du Premier Ministre sont d’accord pour dire que les détenus condamnés ou mis en cause dans des procédures terroristes au nom de l’islam doivent faire l’objet d’une prise en charge spécifique, adaptée, particulière, rendue possible par une réforme du code de procédure pénale en matière terroriste.

L’essentiel de la lutte, comme de la prévention, contre la radicalisation des personnes détenues concerne donc l’immense majorité de la population pénale dont les motifs d’incarcération sont étrangers au terrorisme au nom de l’islam.

Il est bien entendu impossible de déceler les personnes radicalisées tant qu’une manifestation extérieure n‘a pas été observée. Le danger ne vient pas tant des individus clairement identifiés que des éléments imprégnés par l’islamisme qui dissimulent leur pratique et leur croyance. C’est pourquoi, une vigilance accrue, objective, sans excès ni naïveté est à adopter. Chacun doit être attentif aux signes, propos et attitudes qui amènent à soupçonner un processus de  radicalisation : l’observation des personnels revêt donc une importance capitale.

La conseillère du Premier Ministre a abondé dans le sens des propositions de l’UFAP-UNSa Justice : utilisation qualitative et nominative de l’outil de repérage des phénomènes de radicalisation associée à un véritable suivi des personnes identifiées. Ce suivi ne sera rendu possible que grâce à une structuration opérationnelle et efficiente du Bureau du Renseignement Pénitentiaire et du réseau du renseignement pénitentiaire. Madame CAZAUX-CHARLES nous a assuré de la volonté du ministre de la Justice d’œuvrer en ce sens.

L’UFAP-UNSa Justice lui a, d’ailleurs, rappelé le travail mené depuis 2012 sur le renseignement pénitentiaire qui a abouti en 2015 à la rédaction d’une doctrine du renseignement pénitentiaire. Bien que nos propositions aient été rejetées par notre administration de tutelle, notre organisation a affiché sa volonté de contribuer à la dynamisation, la structuration et la pérennisation d’un véritable service de renseignement au sein de l’administration pénitentiaire.

Il est bien entendu nécessaire de mettre en œuvre un programme de déradicalisation et de créer un contre-discours efficace pour contrer la propagande redoutable de l’état islamique. Mais le préalable indispensable à toute réponse consiste d’abord à raisonner juste : chacun doit accepter enfin de réfléchir avec lucidité à partir de la situation telle qu’elle est, et non telle qu’on aimerait qu’elle soit pour des raisons plus ou moins honnêtes intellectuellement.

Pour l’UFAP-UNSa Justice, il est urgent de voir les responsables de l’aumônerie musulmane des prisons dire haut et fort que le moment est venu pour cette religion de rompre le lien entre ce qui relève d’une part de la croyance de chacun et de la sphère privée et d’autre part de la politique et de l’organisation sociale. Par ailleurs, la DAP ne doit plus fermer les yeux sur l’utilisation de l’islam comme régulateur de nos détentions.

L’UFAP-UNSa Justice, bien au-delà de sa présence quotidienne aux cotés des personnels du ministère de la Justice, est consciente de la réalité du monde dans lequel nous vivons : la France fait partie des pays directement visés par la guerre menée par l’état islamique.

Contribuer à l’intérêt général et au bien commun est aussi de notre devoir : le seul contre discours envisageable résidera dans la réappropriation ferme d’un socle commun de valeurs autour desquelles rassembler le corps social et dans l’abandon d’un multiculturalisme suicidaire.

L’UFAP-UNSa Justice remercie le Premier Ministre de nous avoir écoutés. Nous attendons que les paroles se transforment en actes, seuls révélateurs que vous nous avez entendus.

Paris le, 14 mars 2016

Pour l’UFAP-UNSa Justice

Le Secrétaire Général,

Jean-François FORGET.

140316 – Circulaire Matignon

 

 

 

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