Organisation Syndicale Multi-Catégorielle

MA Ajaccio: CHRONIQUE D’UNE MAISON D’ARRET EN DECLIN


Une nouvelle année commence, et pourtant rien ne bouge. Comme au temps de Napoléon, on
change de calendrier mais on s’accroche aux mêmes méthodes et stratégies. Ici, on fige le temps comme un tableau de musée. Même décor, même scénario, même suspense. À ce rythme, la MA d’Ajaccio finira dans les livres d’Histoire comme le symbole parfait de l’immobilisme. Napoléon, lui, avait au moins le mérite d’avancer. Mais 2026 est le copier coller de 2025, même ambiance, même chorégraphie épuisante… À croire que la direction a potassé le chapitre II de Machiavel « l’Ordre du chaos ».

Nationalement, l’actualité fait froid dans le dos, mais localement la MA Ajaccio et ses « stratèges » joue un Tetris géant en déplaçant les agents dans tous les sens tout en improvisant. Même le vieux bâtiment se refait une beauté, piloté par notre « Valérie DAMIDOT » locale, experte en déco d’intérieur et pour le coup, très inspirée. Visiblement elle est fan de symboles et crée des « décos » sur les portes de bureaux et autres lieux plus intimes. En lisant l’affiche « GIRL’S Power » apposée sur la porte du bureau du chef d’établissement et de son adjoint, on ne peut s’empêcher de se demander quelle aurait été la réaction si un autre membre du personnel avait osé un tel sarcasme.

La surpopulation est un art de vivre (ou de survivre) à la MA Ajaccio et les chiffres piquent plus qu’une gauloise sans filtre.

  • 18 surveillants… Enfin, bientôt 17, parce qu’un agent en pleine forme s’est vu apposer un« non, merci » pour sa prolongation d’activité (la logique, quand tu nous tiens).
  • 1 poste ouvert lors de la prochaine campagne de mobilité des surveillants…Autant dire que les renforts arrivent à la vitesse d’un escargot sous somnifère.
  • 85 détenus coincés depuis plus d’un an, sans horizon…Sauf celui, lointain, d’une libération.
  • 164%detauxd’occupation.Mêmelemétroparisienàl’heuredepointerougitdejalousie.
  • Jusqu’à 30 mouvements sanitaires chaque matin. Un ballet quotidien qui ferait pâlir d’envie les chorégraphes de l’Opéra de Paris.

Concernant les personnels, 5 officiers en poste, parfois plus nombreux que les surveillants. Une organisation si équilibrée qu’elle ferait rougir l’Empire romain avec beaucoup de généraux pour admirer la bataille, mais étrangement peu de légionnaires pour la livrer.

Les décisions changent sans cesse, bienvenue dans le grand jeu des « Cellules Musicales “ où les seuls perdants sont systématiquement les agents. Parce que pour dynamiser le quotidien, rien ne vaut une bonne partie de « on programme, le lendemain on annule, puis on reprogramme, et le surlendemain on modifie ». Résultat ? Des surveillants transformés en déménageurs professionnels, trimballant les détenus d’une cellule à l’autre, sans logique et avec une charge de travail qui frôle l’absurde.

Quant au chef de détention, il a été si bien «dépouillé» de ses moyens et de ses attributions qu’il navigue désormais à vue, sans carte, sans boussole… et avec un équipage qui rame à ses côtés en se demandant qui a bien pu jeter les moyens de navigation par-dessus bord. Encore bravo Monsieur le Chef d’Établissement, pour cette stratégie de réattribution des tâches. Même les écoutes téléphoniques lui ont été confisquées pour être attribué au décisionnaire et… à sa conjointe (ça sent l’œuf pourri). Mobiliser les ressources humaines présentes ? Oubliez, seul le Grand Chef a ce pouvoir. On se croirait dans une monarchie absolue… sauf que le roi semble avoir oublié de nommer ses ministres.

Les chiffres sont éloquents (et encore, la liste est loin d’être exhaustive):

  • 14 changements de cellule en 8 mois pour un détenu (unrecord?),
  • 11 changements pour un autre (la persévérance, c’est une qualité),
  • 7 changements en un seul mois pour un troisième (un vrai globe-trotter, mais sans les avantages).

Pendant ce temps, les surveillants, eux, portent cette désorganisation chronique à bout de bras, accumulant mouvements, contraintes de sécurité et tensions inutiles. Pour quel bénéfice ? Aucun. Même Louis XVI, avec ses déménagements incessants, a fini par perdre la tête… mais au moins, lui, il avait des jardins à la française pour se reposer.

Et le QD, fermé les vendredis, les jours fériés, Pâques, la Chandeleur… Bientôt les jours de pleine lune. Une occupation aussi aléatoire que le tirage du lotto, alors qu’il y a une liste d’attente plus longue que la file pour les soldes de chez Primark. A croire que le chef d’établissement se refuse à distribuer les cartons d’invitation pour y accéder.

À force d’improviser comme un orchestre sans partition, on use les personnels jusqu’à la corde et on transforme la détention en un open-space géant. Jusqu’à quand va-t-on faire porter le poids de ce “bordel ambiant” à ceux qui, chaque jour, empêchent l’établissement de sombrer dans le chaos total ?

Le constat est simple (parce qu’il faut bien appeler un chat un chat), la MA d’Ajaccio est en PLS (Position Latérale de Souffrance) et les personnels sont à deux doigts de demander une mobilité… sur Mars.

L’UFAP UNSa Justice exige (avec, bien sûr, le soutien de la DI…si elle daigne venir sur l’ile de beauté):

  • Une prise de conscience immédiate (avant que les agents ne se transforment en fantômes),
  • Des effectifs (sinon, il ne restera plus que les rats pour assurer la sécurité).
  • Des transferts urgents (parce que non, on ne peut pas loger tout le monde dans le même placard à balais),

Et comme disait De Gaulle :

« Je vous ai compris »… sauf que visiblement, ça rentre par une oreille et ça sort par l’autre.


Ajaccio, le 23 janvier 2026


Le Bureau local
UFAP UNSa Justice d’Ajaccio

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