Ce jeudi 11 décembre, en milieu d’après-midi, à la maison d’arrêt de Rochefort, nos collègues, déjà fortement éprouvés par des mois de sous-effectif chronique et une surpopulation carcérale dépassant les 200 %, ont dû faire face à une succession d’événements graves.
À 14h20, une première rixe a éclaté entre deux personnes détenues dans la cour de promenade, nécessitant une intervention rapide des personnels pour mettre fin à l’altercation. Dix minutes plus tard, à 14h30, une seconde altercation est survenue.
À 15h30, une tentative de suicide par pendaison a été découverte. L’agent d’étage et le moniteur de sport sont immédiatement intervenus, pratiquant les gestes de premiers secours et un massage cardiaque durant près de quinze minutes, dans l’attente de l’arrivée du SAMU.
Grâce à leur sang-froid et à leur professionnalisme, la personne détenue a pu être évacuée vers l’hôpital, en vie.
Faute de ressources humaines suffisantes, les deux officiers de détention ont dû assurer l’extraction médicale, laissant l’adjoint au chef d’établissement gérer la situation avec la DISP, tandis que le major devait simultanément assurer la gestion de la détention, la demande de garde statique ainsi que la prise en charge d’un arrivant.
L’ensemble de ces événements s’est déroulé dans un climat extrêmement tendu en détention, aggravé par les retards de promenade, illustrant une nouvelle fois les limites atteintes par les personnels et l’urgence d’apporter des réponses concrètes en matière d’effectifs et de sécurité.
À noter qu’actuellement, les officiers ainsi que les personnels affectés aux postes fixes se relaient afin de permettre la réalisation d’une partie des travaux sécuritaires.
Cette situation est la conséquence directe de l’absence, depuis plusieurs mois, d’un adjoint technique chargé des travaux, indispensable à l’entretien courant de l’établissement.
De ce fait, les personnels en poste fixe sont régulièrement sollicités pour pallier les carences tant en détention que dans le domaine des travaux, en plus de leurs missions quotidiennes.
Les personnels de la maison d’arrêt de Rochefort se battent chaque jour pour assurer la continuité du service public pénitentiaire. Mais jusqu’à quel prix ? L’épuisement des agents et la dégradation des conditions de travail ne peuvent constituer une variable d’ajustement permanente.
Le bureau local UFAP UNSa Justice alerte, une nouvelle fois, sur la situation catastrophique que connaît l’établissement et tient à remercier l’ensemble des personnels, et tout particulièrement ceux directement concernés par les événements de ce jeudi 11 décembre.
Le bureau local UFAP UNSa Justice interpelle solennellement la DISP et la DAP et exige des actes, pas de simples discours. La reconnaissance des personnels de la maison d’arrêt de Rochefort doit être immédiate, concrète et à la hauteur de l’engagement exceptionnel dont ils font preuve au quotidien.
Les agents ne peuvent plus continuer à compenser, par leur professionnalisme et leur sens du service public, les carences structurelles de l’administration, au prix de leur santé, de leur sécurité et de leur vie familiale.
La DISP et la DAP devront assumer leurs responsabilités. Si rien n’est fait, l’administration portera seule la responsabilité des conséquences à venir.
Le bureau local