Alors que les établissements pénitentiaires croulent sous la surpopulation, la situation à la Maison d’arrêt atteint aujourd’hui un niveau intolérable.
Ce sont désormais plus de 100 matelas au sol pour MA1 et près de 70 à la MA2, une réalité indigne d’une République qui prétend garantir l’ordre et la dignité humaine, mais qui laisse ses agents et ses détenus évoluer dans un chaos devenu ordinaire.
Et pendant que l’administration ose encore parler de “gestion en mode respectueux”, les personnels, eux, s’épuisent dans des conditions de travail dégradées, où chaque journée devient une épreuve physique et morale, où chaque mouvement de détention est un risque supplémentaire, et où la moindre tension peut dégénérer en drame.
Cette contradiction insupportable entre les discours et la réalité traduit l’aveuglement d’une hiérarchie plus préoccupée par les chiffres que par les êtres humains qui font tourner les établissements.
L’UFAP UNSa Justice s’interroge avec colère et lucidité, allons-nous continuer à remplir les établissements jusqu’à la rupture, sans qu’aucune décision courageuse ne soit prise ? ?
Faut-il attendre un drame, un geste désespéré, une émeute ou un incident grave pour que l’administration daigne ouvrir les yeux sur l’urgence absolue de la situation ?
Comment peut-on encore oser parler de “gestion maîtrisée” quand des détenus dorment à même le sol, quand les effectifs sont à bout, et quand chaque poste est tenu au prix du sacrifice et du professionnalisme des agents ?
Cette situation, qui n’a que trop duré, est une honte pour notre institution et une insulte pour ceux qui la servent avec loyauté et courage.
L’UFAP UNSa Justice dénonce avec vigueur l’immobilisme et le silence coupable de l’administration centrale, qui préfère entasser plutôt que prévenir, reporter plutôt qu’agir, et masquer la réalité derrière des bilans statistiques sans âme.
Il est temps que cela cesse.
L’UFAP UNSa Justice exige la mise en place immédiate d’un STOP ÉCROUS, le temps que la situation se stabilise et que des solutions structurelles soient enfin apportées.
Car on ne gère pas une crise en la niant, et on ne respecte pas les agents en les abandonnant dans des conditions de travail qui défient la raison.
L’UFAP UNSa Justice félicite et salue le courage des surveillants qui, malgré tout, tiennent la barre d’un navire que l’administration laisse dériver depuis trop longtemps.
Mais que l’administration le comprenne bien
la patience a des limites, et le silence des agents ne doit pas être pris pour de la résignation.
Il est encore temps d’agir avant qu’il ne soit trop tard, mais chaque jour d’inaction rapproche un peu plus l’institution du point de rupture.