NOTES DE SERVICE OU NOTES DE SÉVICES ? – CD Neuvic

Le 22 avril dernier, notre directeur s’est réveillé avec une seule idée en tête : rédiger des notes de service à l’attention de ses personnels, vilains petits garnements qui ne semblent pas faire leur travail correctement.

Nous espérons que cette envie soudaine de « rappels à l’ordre », n’est pas liée à la visite de la Directrice Interrégionale prévue le lendemain…

Pour un établissement qui va bientôt mettre en place un module de respect, il serait peut-être temps, Monsieur le Directeur, d’appliquer vous-même cette philosophie envers vos agents.

Entre le courrier dans lequel, vous encensez vos personnels (27 avril 2015), et vos rappels de notes « bidons », il existe un fossé !!!

Mais les agents ne s’y trompent pas. Ils ont bien compris que la seule chose qui compte pour vous, c’est que les objectifs soient atteints et que votre prime « tombe » en décembre !!!

DEPUIS VOTRE ARRIVEE, nous assistons, impuissants, à la descente aux enfers de notre établissement.

Espérons que votre hiérarchie reconnaisse, un jour, la « qualité » de votre travail et vous « récompense » d’une mutation vers d’autres horizons. Nous le souhaitons vivement !!!

– mais nous plaignons les collègues qui auront à vous subir –

D’ailleurs lors de notre dernière entrevue avec la Directrice Interrégionale, cela semblait être d’actualité et notre DI n’a pas manqué de rappeler votre pugnacité pour la mise en place du programme de respect. ET C’EST TANT MIEUX !!!

En attendant, du côté des « petites gens », « des personnels d’en bas », le bilan n’est pas tout à fait le même.

Mise en place de la boule dynamique pour les surveillants et 1er surveillants, mise en place du deuxième service 13 h, mise en place de la ronde œilleton, mise à contribution des polyvalents, modification des chartes des temps des postes fixes et bientôt mise en place du module de respect … j’en passe et bien d’autres, tellement la liste est longue !

Tout ça pour le bien être de qui ? De vous et  de vous seul !!!

Pas la peine de venir nous raconter des balivernes avec des mots que seuls les managers utilisent. Les agents de terrain veulent du concret et ils n’ont pas besoin que vous leur passiez de la pommade seulement quand ils ont évité le pire.

Pour le moment, vous pouvez vous targuer d’être à la tête d’un établissement qui ne fait pas de vagues. Mais vous vous dispensez bien de dire que c’est grâce au travail acharné de vos agents qui maintiennent leur outil de travail à flot au prix de leurs santés et de leurs vies de famille.

Pour rappel : Le lundi 27 avril 2015, nos collègues ont encore fait preuve de sang froid en allant sauver des flammes un détenu du quartier disciplinaire.

Lors de l’intervention des personnels, notre collègue 1er surveillant, affublé d’un vulgaire masque à gaz, a inhalé des fumées toxiques et a du être accompagné à l’hôpital. Nous lui souhaitons un bon rétablissement.

À ce sujet, nous demandons la dotation d’un troisième ARI afin de permettre aux chefs d’équipes de pouvoir superviser l’intervention dans des conditions de sécurité maximum.

De plus, aux vues des incidents qui se succèdent (intervention des ERIS, feux de cellule, etc…), L’UFAP demande le transfert immédiat de ce fauteur de trouble.

Déjà, en date du 24 mars 2015, L’UFAP vous avait alerté sur les conséquences de la gestion désastreuse du quartier d’isolement. Et comme d’habitude, nos recommandations et avertissements n’ont eu aucun écho.

Le QI n’est pas une « poubelle » où l’on y affecte des profils dont on ne sait que faire !

De nouveau le 28 avril dernier, en service de nuit, les collègues ont une nouvelle fois mis fin à un départ d’incendie en cellule où se trouvaient 2 détenus. Le feu a été circonscrit, et les 2 occupants ont été conduits en prévention immédiatement.

Le quartier disciplinaire ainsi que le quartier d’isolement  sont à ce jour plein à craquer.

C’est dire l’ambiance qui règne au CD de Neuvic et le profil de la population pénale qui nous est envoyée.

Concernant le rappel de note (136/2015 du 22 avril)  sur la ronde œilleton, notre organisation s’oppose à toute forme d’alourdissement du service de nuit.

Il n’a jamais été question de ronde œilletons sur ce quartier, à l’exception des quelques jours où les arrivants n’avaient pas été vus par les chefs de bâtiments et le service médical.

Nous vous rappelons que nous sommes dans un Centre de détention où les détenus qui y sont affectés n’en sont pas à leur première incarcération. Nous ne sommes pas en Maison d’Arrêt !!!

Nous y perdons notre latin : d’un côté vous promettez à vos agents au travers de votre courrier du 27 avril de vous pencher sur leurs conditions de travail en service de nuit, et de l’autre vous leur imposez une quinzaine de surveillances spéciales chaque nuit !!!

Les agents se sentent floués et pris en traître et croyez-nous, ils n’apprécient pas du tout !!!

En attendant, vos agents cumulent les heures supplémentaires comme jamais.

Ils en ont tellement qu’ils peuvent offrir des colliers à leurs épouses (ou des montres à leurs maris) pour tenter de se faire pardonner de ne pas être souvent à la maison !

 Mais rassurez-vous, iIs mettent aussi un peu d’argent de côté pour pouvoir payer leurs augmentations d’impôts à la suite d’heures supplémentaires pour lesquelles ils ne se sont pas portés volontaires!!!!

La Direction Régionale nous a chaleureusement octroyé 4 postes pour la prochaine CAP de juin.

Autant vous dire que c’est un coup d’épée dans l’eau. Les mutés seront à peine arrivés que 4 de nos collègues partiront en retraite.

Il ne faut quand même pas nous prendre pour des C…. !!!

D’un côté on nous fait tous les débriefings et tous les courriers  encenseurs du monde, et de l’autre on vient retirer des ¼ h aux agents qui arrivent en retard, ou distribuer des demandes d’explications à tout-va.

Notre organisation commence sérieusement à s’impatienter de voir que rien n’est fait pour le bien être des agents mais plutôt le contraire.

Nous observons chez beaucoup de nos collègues des signes d’épuisement comme jamais, et ne vous étonnez pas, Monsieur le Directeur, de voir vos agents tomber de fatigue dans les semaines à venir.

Les organisations syndicales vous ont trop habitué à mâcher votre travail en vous apportant des solutions sur un plateau.

Ça ne sera pas le cas de notre organisation qui ne viendra pas vous proposer des solutions, qui à terme, détruiront notre outil de travail.(fermeture d’étage ou de poste et autres solutions farfelues en tout genre…).

L’équation est simple : notre établissement est prévu avec un organigramme et l’on doit s’y tenir.

Affectez du personnel sur Neuvic et vous verrez que notre établissement ainsi que les agents qui y travaillent ne s’en porteront que mieux.

Nous connaissons déjà votre réponse : vous faites avec les postes que vous octroie la DAP.

Soit, mais ayez au moins un MINIMUM de décence envers vos personnels et accordez-leur un peu de répit en ces temps difficiles au lieu de leur faire la guerre au travers de tous vos rappels de notes toutes aussi inutiles les unes que les autres !!!

Pour le Bureau local UFAP

Gacem Akim.

 

 

 

 

 

                                                                

                                                                                                                

 

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